Page:Verlaine - Jadis et Naguère, Vanier, 1884.djvu/123

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



Le voyez-vous sur la tour la plus céleste
Du haut palais avec une torche au poing
Il la brandit comme un héros fait d’un ceste.
D’en bas on croit que c’est une aube qui point.

Qu’est-ce qu’il dit de sa voix profonde et tendre
Qui se marie au claquement clair du feu
Et que la lune est extatique d’entendre ?
« Ô je serai celui-là qui sera Dieu !

« Nous avons tous trop souffert, anges et hommes,
« De ce conflit entre le Pire et le Mieux.
« Humilions, misérables que nous sommes
« Tous nos élans dans le plus simple des vœux.

« Assez et trop de ces luttes trop égales !
« Il va falloir qu’enfin se rejoignent les
« Sept Péchés aux Trois Vertus Théologales,
« Assez et trop de ces combats durs et laids !

« Et pour réponse à Jésus qui crut bien faire
« En maintenant l’équilibre de ce duel,
« Par moi l’Enfer dont c’est ici le repaire
« Se sacrifie à l’amour universel ! »