Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/118

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par Bamo, où se tenait, trois fois la semaine, un grand marché qui attire les marchands des pays les plus éloignés. Après avoir chevauché pendant quinze jours au milieu de forêts remplies d’éléphants, de licornes et autres animaux sauvages, il atteignit la grande cité de Mien, c’est-à-dire cette partie du haut Birman dont la capitale actuelle, de construction récente, est nommée Amrapoura. Cette cite de Mien, qui fut peut-être l’ancienne villa d’Ava, maintenant ruinée, ou la vieille Paghan, située sur l’Irraouady, possédait une véritable merveille architecturale ; c’étaient deux tours, l’une construite en belles pierres et recouverte en entier d’une lame d’or de l’épaisseur d’un doigt, et l’autre revêtue d’une lame d’argent, toutes deux destinées à servir de tombeau au roi de Mien, avant que son royaume ne fût tombé au pouvoir du khan.

Après avoir visité cette province, Marco Polo descendit jusqu’au Bangala, le Bengale actuel, qui à cette époque, en 1290, n’appartenait pas encore à Kublaï-Khan. Les armées de l’empereur s’occupaient alors de conquérir ce pays fertile, riche en coton, en gingembre, en cannes à sucre, et dont les magnifiques bœufs égalaient des éléphants par leur taille. Puis, de là, le voyageur s’aventura jusqu’à la cité de Cancigu, dans la province de ce nom, probablement la ville actuelle de Kassay. Les habitants de ce royaume se tatouaient le corps, et, au moyen d’aiguilles, ils dessinaient sur leur visage, leur cou, leur ventre, leurs mains, leurs jambes, des images de lions, de dragons et d’oiseaux, regardant