Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/143

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être pas un semblable dans aucune des langues connues. »

Pour trouver au voyageur vénitien un successeur digne de lui, il faut citer un voyageur arabe qui fit pour l’Égypte, l’Arabie, l’Anatolie, la Tartarie, l’Inde, la Chine, le Bengale et le Soudan, ce que Marco Polo avait fait pour une portion relativement considérable de l’Asie centrale. Cet homme, ingénieux et audacieux à la fois, doit être mis au rang des plus hardis explorateurs.

C’était un théologien. Il se nommait Abd Allah El Lawati, mais il se rendit célèbre sous le surnom de Ibn Batuta. En l’an 1324, dans la 725e année de l’Hégire, il résolut de faire le pèlerinage de la Mecque, et, quittant Tanger, sa ville natale, il se rendit à Alexandrie, puis au Caire. Pendant son séjour en Égypte, il étudia particulièrement le Nil, surtout à son embouchure ; puis il essaya d’en remonter le cours ; mais, arrêté par des troubles sur les frontières de la Nubie, il dut redescendre le grand fleuve et fit voile pour l’Asie Mineure.

Après avoir visité Gaza, les tombeaux d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, Tyr, alors très-fortifiée et inattaquable sur trois côtés, Tiberias, qui n’était qu’une ruine et dont les bains célèbres étaient entièrement détruits, Ibn Batuta fut attiré par les merveilles du mont Liban, rendez-vous de tous les ermites de l’époque, qui avaient judicieusement choisi l’une des plus belles contrées de la terre pour y finir leurs jours. Alors, traversant Balbek et touchant à Damas, en l’an 1345, il trouva cette ville