Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/214

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La côte occidentale de l’île, profondément échancrée, eût ouvert à cent vaisseaux un port large et magnifique.

Mais Fernandina n’offrait pas aux Espagnols ces richesses qu’ils convoitaient et qu’ils désiraient tant rapporter en Europe ; les mines d’or manquaient à ce sol. Cependant, les naturels, embarqués à bord de la flottille, parlaient toujours d’une île plus grande, située dans le sud et nommée Samoeto, sur laquelle on récoltait le précieux métal. Colomb mit donc le cap suivant la direction indiquée. Le vendredi 19 octobre, il mouilla pendant la nuit près de cette Samoeto, qu’il appela Isabelle, et qui est l’île Longue des cartes modernes.

A en croire les indigènes de San-Salvador, on devait trouver dans cette île un roi dont la puissance était grande ; mais l’Amiral l’attendit vainement pendant quelques jours ; ce grand personnage ne se montra pas. L’île Isabelle offrait un aspect délicieux avec ses lacs limpides et ses épaisses forêts. Les Espagnols ne se lassaient pas d’admirer ces essences nouvelles dont la verdure étonnait justement des yeux européens. Les perroquets volaient par troupes innombrables sous les arbres touffus, et de gros lézards très-vivaces, des iguanes sans doute, se glissaient prestement à travers les hautes herbes. Les habitants de l’île, qui s’étaient enfuis d’abord à la vue des Espagnols, se familiarisèrent bientôt et trafiquèrent des productions de leur sol.

Cependant, Christophe Colomb n’abandonnait pas son idée d’arriver aux terres du Japon. Les indigènes lui ayant indiqué dans l’ouest une grande île peu éloignée,