Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/225

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Le 7 janvier, on s’arrêta pour aveugler une voie d’eau qui s’était déclarée dans les fonds de la Nina. Colomb profita de cette relâche pour explorer un large fleuve situé à une lieue de Monte-Cristi. Les paillettes que ce fleuve charriait lui firent donner le nom de Rivière d’Or. L’Amiral aurait voulu visiter avec plus de soin cette partie de l’île Espagnole, mais ses équipages avaient hâte de revenir, et, sous l’influence des frères Pinzon, ils commençaient à murmurer contre son autorité.

Le 9 janvier, les deux caravelles remirent à la voile et se dirigèrent vers l’est-sud-est. Elles côtoyaient ces côtes dont on baptisait les moindres sinuosités, la pointe Isabélique, le cap de la Roca, le cap Français, le cap Cabron, et enfin la baie de Samana, située à l’extrémité orientale de l’île. Là s’ouvrait un port dans lequel la flottille, retenue par les calmes, jeta l’ancre. Les premières relations avec les naturels furent excellentes ; mais elles se modifièrent subitement Les échanges cessèrent, et certaines démonstrations hostiles ne permirent plus de douter des mauvaises intentions des Indiens. En effet, le 13 janvier, les sauvages s’élancèrent à l’improviste sur les Espagnols. Ceux-ci, malgré, leur petit nombre, firent bonne contenance, et, leurs armes aidant, ils mirent leurs ennemis en fuite, après quelques minutes de combat. Pour la première fois, le sang indien venait de couler sous une main européenne.

Le lendemain, Christophe Colomb retint à son bord quatre jeunes indigènes, et, malgré leurs réclamations, il mit a la voile. Ses équipages, aigris et fatigués, lui