Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/318

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Indes. Il avait pris part à l’expédition envoyée pour secourir le roi de Naples contre une incursion des Turcs, et, en 1489, avait été chargé de ravitailler et de défendre la forteresse de Graciosa, sur les côtes de Larache.

Il ne fallut que peu de jours à Alphonse d’Albuquerque pour se rendre compte de la situation ; il comprit que, pour pouvoir se développer, le commerce portugais devait s’appuyer sur des conquêtes. Mais sa première entreprise fut proportionnée à la faiblesse de ses moyens ; il mit le siège devant Raphelim, dont il voulait faire une place d’armes pour ses compatriotes, puis opéra lui-même avec deux navires une reconnaissance des côtes de l’Hindoustan. Attaqué à l’improviste sur terre et sur mer, il allait succomber, lorsque l’arrivée de son cousin Francisco rétablit le combat et amena la fuite des troupes du zamorin. L’importance de cette victoire fut considérable ; elle procura aux vainqueurs un immense butin et quantité de pierres précieuses, ce qui n’était pas peu fait pour exciter la convoitise portugaise ; en même temps elle affermit Albuquerque dans ses desseins, pour l’exécution desquels il avait besoin de l’assentiment du roi et de ressources plus considérables. Il partit donc pour Lisbonne, où il arriva en juillet 1504.

Cette même année, le roi Emmanuel, voulant constituer aux Indes un gouvernement régulier, avait remis les provisions de vice-roi à Tristan da Cunha, mais celui-ci, devenu momentanément aveugle, avait