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les frères kip.

la main à la manœuvre. Cacatois, perroquets, bonnettes, voiles d’étai, furent amenés en une minute. On cargua la misaine, la grande voile et la brigantine. Le James-Cook resta sous ses huniers au bas ris, sa trinquette et son second foc.

Il était temps. À peine le brick se trouvait-il sous cette voilure réduite, que le grain se déchaîna avec une extraordinaire impétuosité.

Tandis que les matelots se tenaient à leur poste, le capitaine devant le rouf, M. Hawkins, Nat Gibson, Pieter Kip avaient gagné l’arrière. Karl Kip s’était mis à la barre, et, entre ses mains, le James Cook serait habilement gouverné.

On le comprend, lorsque le grain l’assaillit avec cette fougue, le navire fut secoué comme dans un abordage. Il s’inclina tellement sur tribord que l’extrémité de sa grande vergue trempa dans la mer toute blanche d’écume. Un coup de barre le releva, et le maintint. Plutôt que de prendre la cape pour faire tête à la rafale, M. Gibson préféra fuir devant elle, sachant par expérience que ces grains passent comme des météores et ne se prolongent pas.

Cependant c’était à se demander si le brick n’allait pas être entraîné jusqu’aux Salomon, s’il n’aurait pas tout au moins connaissance de l’île Bougainville, la première de ce groupe,