Page:Verne - Mathias Sandorf, Hetzel, 1885, tome 1.djvu/66

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

58
mathias sandorf.

mais je ne veux pas partir, avant de m’être acquitté envers votre maison !

— Vous acquitter ?… Vous ?… En me remboursant ?

— En vous remboursant intérêt, capital, sans compter une part dans les bénéfices de… »

Silas Toronthal haussa les épaules à cette proposition si inattendue, venant de Sarcany.

« Les sommes que je vous ai avancées, reprit-il, sont passées par profits et pertes ! Je vous tiens quitte, je ne vous réclame rien et suis au-dessus de pareilles misères !

— Et s’il me plaît de ne pas rester votre débiteur !

— Et s’il me plaît de rester votre créancier ! »

Cela dit, Silas Toronthal et Sarcany se regardèrent en face. Puis, Sarcany, haussant les épaules à son tour :

« Des phrases, tout cela, rien que des phrases ! reprit-il. Je vous le répète, je viens vous proposer une très sérieuse affaire.

— Aussi véreuse que sérieuse, sans doute ?

— Eh ! ce ne serait pas la première fois que vous auriez eu recours à moi pour traiter…

— Des mots, tout cela, rien que des mots ! répondit le banquier, en envoyant une riposte à l’insolente observation de Sarcany.