Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/159

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
145
dénonciation

Presque à la même heure, dans le cabinet du major Verder, se révélait un fait relatif au crime de la Croix-Rompue, et qui allait mettre le magistrat sur la trace du coupable.

Ce jour-là, dès le matin, la brigade dirigée par Eck était rentrée à Riga.

On ne l’a pas oublié, ces agents avaient été envoyés dans le nord de la province, où, depuis quelque temps, se commettaient nombre d’attentats contre les personnes et les propriétés. Il y a lieu de rappeler aussi que, huit jours auparavant, Eck opérait aux environs du lac Peipous, à la recherche d’un évadé des mines de Sibérie, et qu’il avait dû le poursuivre jusqu’en vue de Pernau.

Mais le fugitif, se jetant au milieu des glaçons en dérive de la Pernova, disparut dans la débâcle de la rivière.

Ce malfaiteur avait-il péri ?… C’était probable, ce n’était pas sûr.

Et, précisément, le brigadier Eck en doutait d’autant mieux que le corps du fugitif n’avait été retrouvé ni dans le port, ni à l’embouchure de la Pernova.

Bref, de retour à Riga, le brigadier, ayant hâte de transmettre son rapport au major Verder, se rendait à son cabinet, lorsqu’il fut informé de l’assassinat de la Croix-Rompue, et personne n’eût pu soupçonner qu’il possédait la clef de cette mystérieuse affaire.

Aussi furent-elles grandes, et la surprise et la satisfaction du major Verder, en apprenant que le brigadier avait des révélations à lui faire sur le crime dont on cherchait vainement l’auteur.

« L’assassin du garçon de banque ?…

— Lui-même, monsieur le major.

— Tu connaissais Poch ?…

— Je le connaissais, et je l’ai vu pour la dernière fois dans la soirée du 13.