antérieure : il aurait vécu de 250 à 220, suivant Daremberg[1], et Sprengel[2] place vers 276 la date de Mantias, qui fut certainement le maître d’Héraclide. En admettant que cette date soit trop éloignée, puisque Cœlius Aurelianus[3] appelle Héraclide eorum (empiricorum) posterior atque omnium probabilior, toujours est-il que d’après un autre texte de Celse[4], il a dû précéder d’un temps appréciable l’époque d’Asclépiade, qui vécut vers 100-80 av. J.-C. Il n’a donc pu être le maître d’Ænésidème, même si on admet que ce philosophe a vécu vers 60 av. J.-C. Comme le fait observer Zeller[5], ce n’est qu’en torturant le texte que Haas a pu l’accommoder à sa thèse[6].
Si notre sceptique n’est pas Héraclide de Tarente, peut-il être Héraclide d’Érythrée ? Zeller, sans se prononcer, incline vers cette opinion : il ne voit pas du moins d’obstacle dans les dates. Il nous semble pourtant qu’il y en a un, et tout à fait infranchissable.
- ↑ Histoire des sciences médicales, ch. VIII, p. 167 (Paris, J.-B. Baillière, 1870).
- ↑ Versuch einer pragmatischen Geschichte der Arzneikune, chronologische Uebersicht (Halle, Gebrauer, 1800)
- ↑ De morb. acut., I, 17.
- ↑ De Medic., proœm., v, 3. Édit. Daremberg. (Lipsiæ, Teubner, 1859.) « Ejus autem, quæ victu morbos curat, longe clarissimi auctores etiam altius quædam agitare conati, rerum quoque naturæ sibi cognotionem vindicaverunt, tanquam sine ea trunca et debilis medicina esset. Post quos, Serapion primus omnium nihil hanc rationalem disciplinam pertinere ad medicinam professus, in usu tantum et experimentis eam posuit. Quem Apollonius et Glaucias et aliquanto post Heraclides Tarentinus et aliqui non mediocres viri secuti, ex ipsa professione se empiricos appellaverunt. Sic in duas partes ea quoque, quæ victu curat, medicina divisa est, aliis rationalem artem, aliis usum tantum sibi vindicantibus, nullo vero quicquam post eos, qui supra comprehensi sunt, agitant nisi quod acceperat, donec Asclepiades medendi rationem ex magna parte mutavit. »
- ↑ Op. cit., t. v, p. 3, 1.
- ↑ Il entend que les mots post eos qui supra comprehensi sunt désignent, non par les médecins qu’on vient de nommer, mais en général les clarissimi auctores antérieurs à Sérapion. De cette manière, entre Héraclide et Asclépiade il pourrait ne pas y avoir d’intervalle appréciable. D’ailleurs un passage de Galien doit lever tous les doutes, De comp. medic. sec. loc., VI, 9, vol. XII, p. 989, cité ci-dessus, p. 232. L’expression πολὺ τούτων ἀνωτέρω ὁ Ἡρακλείδης καὶ ὁ διδάσκαλος αὐτοῦ Μαντίας, après une énumération où est compris Asclépiade, semble décisive.