Page:Victor Brochard - Les Sceptiques grecs.djvu/284

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â7i LIVRE m. — CHAPITRE IV.

est autre chose que le tout, et elle est la même chose. Car f es- sence est à la fois le tout et la partie ; elle est le tout, si on con- sidère le monde , la partie , si on s'attache à la nature de tel ou tel animal. La particule (iiSpiov) à son tour s'entend en deux sens : tantôt elle diffère de ce qu'on appelle proprement la partie {iiépos)^ comme quand on dit qu'elle est une partie de la partie : ainsi le doigt est une partie de la main, l'oreille est une partie de la tête; tantôt elle n'en diffère pas, mais elle est une partie du tout : ainsi on dit souvent que le tout est forme de particules, n

U a aussi uoe théorie sur le mouvement. Tandis qu'Aristote distinguait six espèces de mouvements , iEnësidème les ramène toutes à deux, ce Les partisans d'iËnésidème , dit Sextus^^), ne laissent subsister que deux sortes de mouvement, le mouve- ment de transformation {lUTaëkîiJixif)^ et le mouvement local (f£eTa&mx)/) ^^l Le premier est celui par lequel un corps, en gardant la même essence, revêt diverses qualités, perdant Tune et gagnant l'autre : c'est ce que l'on voit dans le changement du vin en vinaigre , de l'amertume du raisin en douceur, du camé- léon, qui prend tour & tour diverses couleurs, et du polype. Ainsi la génération et la corruption , l'augmentation et la dimi- nution doivent être appelées des transformations particulières, que l'on comprend sous le nom de mouvements de transfor- mation : à moins qu'on ne dise que l'augmentation est un cas du mouvement local, provenant de l'extension du corps en lon- gueur et en largeur. Le mouvement local est celui par lequel

îO Af., X,38.

^ Faut-il croire, avec Fabricius, qu^iEnéâdème n'a réduit à deux les nx espèces de mouvement que pour montrer ensuite plus facilement que ni Tune ni Tautre n'existe? Gomme sceptique, il devait en effet nier la rëaÛté du mouvement Ou bien, comme Saisset (p. 31 1, note) parait disposé à le faire, faut-il rapporter cette théorie au dogmatisme bcraditéen? C'est un point qu'on doit laisser indécis, Cnitp de documents. Remarquons seulement qu'en tout cas, cette théorie semble person- nelle à iËnësidème; car Sextus, au lieu de dire ici comme partout ailleurs Aivnoi- hipto£ xarà ÙpéxXgttov^ dit seulement 0/ «epi rèp A/rn^^VHoy. U peut se faire, comme Tindique Zeller (p. 3a, 3), qu'iEnésidème ait emprunté cette correction aux stoïciens.

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