Page:Victor Brochard - Les Sceptiques grecs.djvu/432

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&Sâ CONCLUSION.

de la méthode expérimentale, oa il ne s*y est pas encore résigné.

Le propre des vérités de raisonnement, c'est qu'aussitôt aper- çues, elles sont définitives et immuables; on peut en découvrir de nouvelles, mais le progrès de la science ne changera rien à celles qui sont connues : le progrès se fail par additions succes- sives, non par transformation. En peut-on dire autant des sciences de la nature ? Précisément parce que nous constatons les lois de la nature sans les comprendre, c'est-à-dire sans reconnaître une identité logique entre les termes qu'unit chaque synthèse, nous ne pouvons être sârs, du premier coup, d*avoir découvert une véritable loi : c'est par des expériences successives , des vérifica- tions multipliées, en un mot, par beaucoup de tâtonnements, que nous arrivons à nous mettre à l'abri de l'erreur ^^K Encore faut-il ajouter qu'au terme de toutes ces opérations, nous pou- vons conserver quelque inquiétude. Les défenseurs les plus résolus de la certitude scientifique ne font aucune difficulté d'avouer, ils proclament même volontiers, que si un fait nouveau, bien constaté, vient contredire une loi connue, la formule de la loi devra être modifiée. Or, pouvons-nous jamais connaître tous les faits? On cite dans l'histoire des sciences un assez grand nombre de lois tenues longtemps pour définitives et qu'on a dA modifier par la suite. En d'autres termes, les sciences de la nature sont toujours dans le devenir. On définit assez bien les lois qu'elles déterminent, en disant qu elles sont des hypothèses vé- rifiées. Il n'est peut-être pas une de ces lois qu'on puisse consi- dérer comme définitivement acquise. Sans doute, cela ne nous empêche pas d'avoir en quelques-unes d'entre elles une confiance absolue : logiquement on peut faire des réserves. Encore une fois, nous ne voulons pas ébranler cette certitude : tout au con-

^*) M. E. Na ville, dans ses belles études sur la PUee de ^hypothète étm» k tcience {Rev. philot., 1876, t. II, p. Ag et 11 3), a montré nettement et d*aDe manière définitive qne toute découverte scientifique a commencé |>ar être une hv|M>- thèse. Nous ne savons s'il existe une LogifUê de l'hifpothèM : les deux mots sont un peu surpris de se trouver rapprochés, mais au moins il n'y a pas de vénle sans hypothèse.

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