Page:Vidocq - Mémoires - Tome 1.djvu/397

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


suis qu’une femme, vois-tu ; eh bien ! j’irais là comme à une neuvaine, avec toi surtout, mon pauvre Joseph ! Oui, je te le dis, foi de Marguerite, je voudrais y aller avec toi.

— Bien vrai ? repartit Cornu.

— Oh oui, bien vrai, soupira Marguerite. Mais pourquoi te lèves-tu, Joseph ?… Qu’as-tu donc ? – Je n’ai rien, reprit Cornu ; puis, s’approchant d’un porte-clefs qui se tenait à l’entrée du corridor : Roch, lui dit-il, faites venir le concierge, j’ai besoin de parler à l’accusateur public. – Comment, s’écria la femme, l’accusateur public… ! Voudrais-tu manger le morceau (faire des révélations) ? Ah ! Joseph, quelle réputation tu vas laisser à nos enfants ! Cornu garda le silence jusqu’à l’arrivée du magistrat ; alors il dénonça sa femme, et cette malheureuse, condamnée à mort par suite de ses révélations, fut suppliciée en même temps que lui. Mulot, de qui je tiens les détails de cette scène, ne la racontait jamais sans en rire aux larmes. Toutefois, il ne pensait pas que l’on dût plaisanter avec la guillotine, et depuis longtemps il évitait toute affaire qui eût pu l’envoyer