Page:Vidocq - Mémoires - Tome 1.djvu/398

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rejoindre son père, sa mère, un de ses frères et sa sœur Florentine, tous exécutés à Rouen. Quand il parlait d’eux et de la fin qu’il avaient faite, il lui arrivait souvent de dire : Voilà ce que c’est que de jouer avec le jeu ; aussi l’on ne m’y prendra pas : et en effet, ses jeux étaient moins redoutables, ils se bornaient à un genre de vol dans lequel il excellait. L’aînée de ses sœurs, qu’il avait amenée à Paris, le secondait dans ses expéditions. Vêtue en blanchisseuse, la hotte au dos ou le panier au bras, elle montait dans les maisons sans portier, frappait à toutes les portes, et quand elle s’était assurée qu’un locataire était absent, elle revenait faire part de sa découverte à Mulot. Alors celui-ci, déguisé en garçon serrurier, accourait, son trousseau de rossignols à la main, et en deux tours il venait à bout de la serrure la plus compliquée. Souvent, afin de ne pas éveiller les soupçons, dans le cas où quelqu’un viendrait à passer, la sœur, le tablier devant elle, la modeste cornette sur le front, et avec l’air contrarié d’une bonne qui a perdu sa clef, assistait à l’opération. Mulot, ainsi qu’on le voit, ne manquait pas de prévoyance ; il n’en fut pas moins surpris en besogne, et peu de temps après condamné aux fers.