Page:Villiers de L'Isle-Adam - Contes cruels.djvu/332

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apparaissent, blancs et carrés, aux angles des chemins, comme des sépulcres.

Près des canaux de Siloë, le miroir des piscines probatiques reflète les basses hôtelleries aux cours plantées de figuiers : elles attendent les caravanes d’Élamm et de Phénicie.

Vers l’orient, sous les allées de sycomores, sont les demeures des princes de Judée ; — aux extrémités des routes centrales, des touffes de palmiers font flotter leurs larges feuilles au-dessus des citernes, abreuvoirs des éléphants.

Du côté de l’Hébron, entrée de ceux qui viennent du Jourdain, fument les tuyaux de brique des armuriers, des fabricants d’aromates et des orfèvres. — Plus loin, les habitations aux ceintures de vigne, maisons natales des riches d’Israël, étagent leurs terrasses, leurs bains contigus à de frais vergers. Au septentrion s’allonge le quartier des tisserands, où les dromadaires, montés par les marchands d’Asie, viennent, chargés de bois de sétim, de pourpre et de fin lin, plier, d’eux-mêmes, les genoux.

Là, vivent les marchands étrangers qui ont accompagné les idoles. Ils entretiennent la mollesse des bourgades de Magdala, de Naïm, de Schumën et s’approprient le sud de la ville.

Ils vendent les vins épais et dorés, les esclaves habiles dans l’art de la toilette, la liqueur amère des mandragores du Carmel pour les illusions du désir, les coffrets de bois de camphrier pour serrer les présents, les baumes de Guilëad, les singes, stupeur d’Israël,