Page:Villiers de L'Isle-Adam - Contes cruels.djvu/78

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même de la supporter ! lui offrît-on d’être rétribué pour cela ! — Nous l’espérons, du moins, pour la société moderne.

Nous vivons dans un siècle de progrès où, — pour employer, précisément, l’expression d’un poète (le grand Boileau), — un chat est un chat.

En conséquence, et forts de l’expérience universelle du Théâtre moderne, nous prétendons, nous, que la Gloire se traduit par des signes et des manifestations sensibles pour tout le monde ! Et non par des discours creux, plus ou moins solennellement prononcés. Nous sommes de ceux qui n’oublient jamais que tonneau vide résonne toujours mieux que tonneau plein.

Bref, nous constatons et affirmons, nous, que plus une œuvre dramatique secoue la torpeur publique, provoque d’enthousiasmes, enlève d’applaudissements et fait de bruit autour d’elle, plus les lauriers et les myrtes l’environnent, plus elle fait répandre de larmes et pousser d’éclats de rire, plus elle exerce, — pour ainsi dire, de force, — une action sur la foule, plus elle s’impose, enfin, — plus elle réunit, par cela même, les symptômes ordinaires du chef-d’œuvre et plus elle mérite, par conséquent, la GLOIRE. Nier cela, serait nier l’évidence. Il ne s’agit pas ici d’ergoter, mais de se baser sur des faits et des choses stables ; nous en appelons à la conscience du Public, lequel, Dieu merci ! ne se paye plus de mots ni de phrases. Et nous sommes sûr qu’il est, ici, de notre avis.

Cela posé, y a-t-il un accord possible entre les