Page:Villiers de L’Isle-Adam - Axël, 1890.djvu/224

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Il marche vers la fenêtre brisée, et l’ouvre d’un mouvement d’homme qui écarte un voile, puis montrant les airs calmés et les étoiles.

— Regarde plutôt les cieux ! Où point de cieux, point d’ailes ! — Transfigure-toi dans leur silencieuse lumière : songe à développer dans la méditation, à purifier, au feu des épreuves et des sacrifices, l’influx infini de ta volonté ! à devenir un adepte dans la Science des forts ! à n’être plus qu’une intelligence affranchie des vœux et des liens de l’instant, en vue de la Loi suréternelle.


Axël, avec une sorte d’intime découragement

Qui peut connaître la Loi ?


Maître Janus

Qui peut rien connaître, sinon ce qu’il reconnaît ? Tu crois apprendre, tu te retrouves : l’univers n’est qu’un prétexte à ce développement de toute conscience. La Loi, c’est l’énergie des êtres ! c’est la Notion vive, libre, substantielle, qui, dans le Sensible et l’Invisible, émeut, anime, immobilise ou transforme la totalité des devenirs. — Tout en palpite ! — Exister, c’est l’affaiblir ou la renforcer en soi-même et se réaliser, en chaque pulsation, dans le résultat du choix accompli. —