Page:Vilmorin-Andrieux - Les plantes potagères, 1883.djvu/45

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par-dessus ce qu’il faut de terre pour rétablir à peu près le niveau de la planche, tel qu’il était avant la plantation ; de cette façon le collet de la griffe ne sera pas enterré de plus de 0m,04 à 0m,05, et l’extrémité des racines elles-mêmes de 0m,10 au plus.

A cause de la quantité de terreau et d’engrais qui a été employée, il restera entre les planches ou entre les rangs une certaine hauteur de terre qui servira pour le buttage.

La plantation, pendant la première année, ne demande d’autres soins que des binages répétés et quelques arrosements. A l’entrée de l’hiver, on coupe les tiges à 0m,20 ou 0m,30 au-dessus du sol : la portion qui reste sur pied servant à indiquer la place de chaque griffe. Une bonne précaution consiste à enfoncer dès le moment de la plantation une baguette qui marque l’emplacement de chaque plant d’asperge ; on peut de la sorte répandre l’engrais exactement sur les racines et éviter de les blesser en donnant les binages et les diverses façons. On enlève alors légèrement une partie de la terre qui recouvre la griffe en ne la laissant enterrée qu’à une profondeur de 0m,03 ou 0m,04. C’est le bon moment pour appliquer sur les plantations d’asperges les engrais qu’on leur destine. Ceux que l’usage a fait reconnaître comme étant les plus efficaces sont le fumier bien consommé et les boues de ville ou gadoues, auxquelles on ajoute quelquefois un peu de sel marin, et des amendements calcaires, plâtre, marne, plâtras, sable de carrière, etc., lorsque la terre n’en est pas déjà très abondamment pourvue. Après avoir passé tout l’hiver étendus à la surface du terrain, ces engrais sont à la fin de mars incorporés au sol par un bon labour. La surface de la terre est ensuite bien nivelée et la plantation, pendant toute cette seconde année, reçoit les mêmes soins que pendant la première. Au moment où les griffes sont déchaussées à l’automne, il faut avoir soin de détacher, au niveau même de la racine, tout ce qui peut rester des tiges desséchées, raccourcies déjà en octobre. Il convient de donner une nouvelle fumure, qui reste de même à la surface pendant l’hiver pour être enfouie au printemps.

On commence, cette troisième année, à butter les asperges. Cette opération consiste à ramener sur chaque griffe de la terre prise dans les intervalles, dont on forme un petit monticule haut de 0m,30 environ au-dessus du reste du terrain.

Si la plantation a été bien soignée jusqu’ici, on peut commencer à cueillir quelques asperges, deux ou trois au plus par pied ; mais dans l’intérêt de la durée de la plantation, il vaut mieux s’en abstenir et attendre la quatrième année pour faire la première récolte. En tout cas il est très important de cueillir les asperges en les cassant sur le collet même de la griffe, et non pas en les coupant entre deux terres, comme on le fait souvent à tort, ce qui, entre autres inconvénients, a celui d’endommager fréquemment des bourgeons non encore développés. Il vaut beaucoup mieux déchausser l’asperge qu’on veut cueillir en écartant la terre de la butte, et l’éclater nettement avec le doigt ou avec un instrument spécial, puis reformer la butte en remettant en place la terre qu’on a écartée. C’est ainsi qu’opèrent toujours les cultivateurs soigneux des environs de Paris.

Si, pour une raison ou pour une autre, quelques portions de pousses se