Page:Virgile - Énéide, traduction Guerle, 1825, livres VII-XII.djvu/127

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l’unissait à l’Italie. Vous, dont le sort favorise et la jeunesse et la naissance, vous que proclament les oracles, marchez, élu des dieux ! menez ensemble à la victoire Pergame et l’Ausonie. C’est peu : ce fils, l’espoir et la consolation d’Évandre, Pallas, vous suivra. Que, sous un si grand maître, il s’accoutume au dur métier des armes, aux rudes travaux de Mars ; qu’il contemple, dès ses jeunes années, vos glorieux exploits, et qu’en les admirant, il s’instruise à vous imiter. Je mettrai sous ses ordres deux cents cavaliers arcadiens, la fleur de nos milices : deux cents autres, non moins vaillante escorte, vous seront offerts par lui-même. »

Tels étaient ses discours. Cependant, l’œil pensif et le front baissé, le fils d’Anchise et son fidèle Achate gardaient tristement le silence, et pesaient dans leur amer souci tous les périls de l’avenir. Mais, au signal de Cythérée, l’Olympe s’est ouvert tout à coup. De longs éclairs ont sillonné les nues : la foudre éclate, la terre au loin s’ébranle, et le bruit du clairon étrusque a mugi dans les airs. On regarde : trois fois la voûte éthérée retentit d’un nouveau fracas : on voit sur l’or d’un nuage, dans la région d’un ciel serein, des armes resplendir à travers le céleste azur, et gronder dans leur choc à l’égal du tonnerre. Plus d’un cœur eût frémi de crainte : mais le héros troyen reconnaît, aux sons qu’il devine, les promesses de l’Immortelle dont il reçut le jour. Alors il s’écrie : « Non, non, généreux Évandre, ne cherchez point dans de vaines alarmes ce qu’annonce un tel prodige ; c’est à moi que les dieux s’adressent. Ce signe