Page:Vivien - Brumes de fjords.djvu/56

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Elle apparut à l’un des rivaux et l’emmena par la route des neiges sans avril.

Le survivant se réjouit en s’attablant au banquet,

Et l’aurore ne put dissiper son ivresse.

Il tenait le bonheur dans le creux de sa main,

Son domaine s’élargit, ses trésors s’amoncelèrent, il aima, et il fut aimé.

Celle qu’il aima et dont il fut aimé était plus claire que les sources du printemps.

On voyait dans ses yeux l’ombre violette des fougères sur les montagnes,

Vierge, elle aimait pour la première fois.

L’aube claire des épousailles approchait ;

Mais le Mort guettait silencieusement la joie de son rival.

Il le guettait dans le silence des chemins.

Il n’avait point respiré les lys des tombeaux dont le parfum donne l’oubli.

Il ne dormait qu’à demi dans la tiédeur consolante de la terre.

Et, du fond des solitudes éternelles, il fit signe à son rival.