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préface

dire, ne se sont guère modifiées depuis l’heure où s’y développait une civilisation en tout contraire à la nôtre, nous venons nous recueillir dans la petite salle du Musée qui enferme les fragments épars des fresques pompéiennes, nous n’avons pas besoin d’un vif effort d’intuition pour ressusciter, en vivantes images, les groupes humains qui jadis les animaient ; il n’y faut qu’un peu de culture, aidée d’une faculté d’abstraction, qui, pour quelques instants, abolit l’heure présente. Chez celle qu’inclinait déjà une prédisposition naturelle, les rives parfumées de Lesbos et l’enchantement des nuits mitylèniennes suscitèrent le décor incomparable où les strophes de Sapho, l’antique poétesse, mutilées sans doute, mais radieuses encore de vie comme un beau marbre antique, allaient évoquer des groupements harmonieux… C’est ainsi que nous caractérisions ses inspirations premières. Dans celles qui marquèrent l’ultime période de sa vie, on trouvera peut-être moins de beauté, mais je ne sais quoi de plus nerveux, de plus contracté, de plus frémissant, et, dans ses