Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome16.djvu/130

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tetés littéraires (voyez les Mélanges, année 1767), on ne saurait trop répéter que le génovéfain ne publia qu’en 1748 son Histoire de l’empire d’Allemagne en onze volumes in-4°, dans lesquels il reproduisit, textuellement et sans citation, plusieurs passages de l’Histoire de Charles XII, publiée dès 1731, et que ce fut Voltaire qui fut traité de plagiaire.

Je possède un exemplaire des Œuvres de Voltaire (Dresde, 1748-54) qui paraît avoir été destiné à une réimpression, puisque plusieurs volumes contiennent des corrections de la main de Longchamp, valet de chambre et secrétaire de Voltaire, que je n’ai trouvées que dans l’édition de 1751[1] ; encore y en avait-il une qui avait été omise ; mais, quoique admises dans l’édition de 1751, ces corrections n’ont point passé dans les éditions suivantes. Cependant elles étaient toutes justes, et quelques-unes très-importantes[2]. Aussi n’ai-je pas hésité à les admettre. Leur authenticité m’a paru suffisamment établie par la copie que j’en possède de la main de Longchamp, et par leur existence dans l’édition de 1731.

Je n’en puis dire autant pour les deux corrections que je me suis permis de faire aux pages 131 et 244, n’ayant l’autorité d’aucune édition ni d’aucun manuscrit ; j’ai donné en note mes raisons, qu’on rejettera si on ne les trouve pas fondées.

J’étais fort embarrassé sur la manière d’écrire les noms propres. Il n’est pas toujours possible de concilier l’exactitude avec le système de Voltaire, qu’il me fallait respecter. J’ai eu recours à l’obligeance de M. Eyriès, à qui les langues et l’histoire du Nord sont familières. C’est d’après ses avis que j’ai écrit Dahlberg, Rehnskold, etc., au lieu de d’Alberg, Renschild, etc. Mais quelque bons que fussent ses conseils, je ne les ai pas toujours suivis. Voltaire s’est prononcé trop formellement[3] contre l’emploi des W en français pour qu’il me fût possible d’écrire Lewenhaupt et Wallenstein. J’ai donc laissé Levenhaupt et Valstein. Ce dernier mot, au reste, est admis par d’autres écrivains français[4]. Voltaire toutefois a écrit, ou du moins laissé imprimer Wratislau et Alexiowitz.

Quant à Sheremetof, voyez, sur les différentes manières d’écrire ce nom, la note de Voltaire au chapitre VIII de la première partie de son Histoire de Russie.

Malgré tout mon désir, je ne me dissimule pas l’impossibilité, dans l’impression d’un auteur tel que Voltaire, d’écrire toujours le même nom de la même manière.

Voltaire avait publié, en 1744, une Lettre à M. Nordberg, in-8° de 16 pages. En 1750 il fit imprimer, dans le même volume qu’Oreste, une

  1. Et dans une édition séparée de l’Histoire de Charles XII, 1764, petit in-12.
  2. Il suffira d’en indiquer deux : page 254 ou trouvera « Mais les Moscovites se présentaient », mots nécessaires pour le sens, et qui sont omis depuis 1751 ; page 274, on verra « les Grecs », au lieu de « ses gens ».
  3. Voyez l’article Orthographe dans le Dictionnaire philosophique.
  4. On trouve dans les Œuvres de J.-F. Sarrasin, auteur du XVIIe siècle, l’histoire de la Conspiration de Valstein. M. B. Constant a donné, en 1809, Walstein, tragédie.