Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome16.djvu/369

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invité à son quartier immédiatement après la ratification du traité d’Alt-Rantstadt, et qu’il eût déchiré ce traité et dit : Je vous rends la couronne : régnez, et soyez aussi sincèrement mon ami que je veux être le vôtre.

M. de Voltaire s’est contenté de dire ce que Charles XII a fait : c’est à M. de La Motraye à dire ce que Charles XII aurait dû faire.

XIX. Vous dites que le duc de Marlborough, en arrivant à Leipsick, s’adressa secrètement, non au comte Piper, mais au baron de Görtz, etc… Je n’ai jamais ouï parler de ces circonstances.

Vous en avez entendu parler à M. Fabrice, qui vous a protégé auprès du roi de Suède, et qui m’a conté ce fait dont il a été témoin.

XX. Dès que le duc l’aperçut (le comte Piper) sur sa porte prêt à le recevoir, il sortit du carrosse, et, mettant son chapeau, il passa devant lui sans le saluer, et se retira à côté comme pour faire de l’eau…

Que le duc de Marlborough ait pissé ou non en descendant de carrosse, cela pourrait être indifférent ; mais par cette froideur entre lui et le comte Piper, il paraît assez que le duc de Marlborough s’était adressé au baron de Görtz.

XXI. J’ai eu l’honneur d’approcher assez souvent Charles XII pendant son séjour à Bender ; je n’ai jamais remarqué en lui la moindre aversion pour la France.

Il y a des courriers du cabinet qui approchent des princes, qui portent les secrets de l’État, mais qui ne les savent pas.

XXII. Le traité en faveur des Silésiens protestants, que vous faites rompre à l’empereur Joseph dès que Charles ne fut plus en état d’imposer des lois, ne s’exécuta qu’alors. Je vis à mon retour de Russie, en passant par la Silésie, quantité de ces protestants encore en pleine possession des priviléges et des églises qu’ils avaient recouvrés par ce traité.

Il n’y a eu que très-peu d’églises de rendues ; c’est un fait connu.

XXIII. L’ambassadeur que vous faites envoyer par le Grand Seigneur au roi de Suède était un aga envoyé à la république de Pologne, qui, voyant que tous les ministres étrangers complimentaient Charles sur ses victoires, et le nouveau roi sur son avènement à la couronne, en fit de même.

Puisqu’il rendit des esclaves suédois, apparemment qu’il avait quelque ordre pour le roi de Suède.