Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome22.djvu/166

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degré ; un an avant la guerre du Péloponnèse, il était au huitième : donc il avait retardé de sept degrés. Un degré vaut soixante et douze ans : donc, du commencement de la du Péloponnèse à l’entreprise des Argonautes, il n’y a que sept fois soixante et douze ans, qui font cinq cent quatre ans, et non pas sept cents années, comme le disaient les Grecs. Ainsi, en comparant l’état du ciel d’aujourd’hui à l’état où il était alors, nous voyons que l’expédition des Argonautes doit être placée environ neuf cents ans avant Jésus-Christ, et non pas environ quatorze cents ans ; et, par conséquent, le monde est moins vieux d’environ cinq cents ans qu’on ne pensait. Par là, toutes les époques sont rapprochées, et tout s’est fait plus tard qu’on ne le dit. Je ne sais si ce système ingénieux fera une grande fortune, et si on voudra se résoudre, sur ces idées, à réformer la chronologie du monde ; peut-être les savants trouveraient-ils que c’en serait trop d’accorder à un même homme l’honneur d’avoir perfectionné à la fois la physique, la géométrie et l’histoire : ce serait une espèce de monarchie dont l’amour-propre s’accommode malaisément. Aussi, dans le temps que de très grands philosophes l’attaquaient sur l’attraction, d’autres combattaient son système chronologique. Le temps, qui devrait faire voir à qui la victoire est due, ne fera peut-être que laisser la dispute plus indécise.


== DIX-HUITIÈME LETTRE SUR