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SUR M. POPE, ETC.

Et damne sans miséricorde
Les péchés des autres chrétiens,
Pour se mieux pardonner les siens ;
Secte qui, toujours détruisante,
Se détruit elle-même enfin :
Tel Sanison, de sa main puissante.
Brisa le temple philistin ;
Mais il périt par sa vengeance.
Et lui-même il s’ensevelit
Écrasé dans la chute immense
De ce temple qu’il démolit.

Au nez du chevalier antique
Deux grandes moustaches pendaient
À qui les parques attachaient
Le destin de la république.
Il les garde soigneusement.
Et si jamais on les arrache,
C’est la chute du parlement :
L’État entier, en ce moment.
Doit tomber avec sa moustache.
Ainsi Taliacotius,
Grand Esculape d’Étrurie,
Répara tous les nez perdus
Par une nouvelle industrie :
Il vous prenait adroitement
Un morceau du cul d’un pauvre homme.
L’appliquait au nez proprement ;
Enfin il arrivait qu’en somme
Tout juste à la mort du prêteur
Tombait le nez de l’emprunteur :
Et souvent dans la même bière,
Par justice et par bon accord,
On remettait au gré du mort
Le nez auprès de son derrière.

Notre grand héros d’Albion,
Grimpé dessus sa haridelle.
Pour venger la religion,
Avait à l’arçon de sa selle
Deux pistolets et du jambon ;
Mais il n’avait qu’un éperon.
C’était de tout temps sa manière ;
Sachant que si la talonnière
Pique une moitié du cheval.
L’autre moitié de l’animal