Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome5.djvu/393

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MÉLITUS.

D’accord. Personne ne nous entend ici : je sais que vous êtes un fripon ; vous ne me regardez pas comme un honnête homme ; je ne puis vous nuire, parce que vous êtes grand-prêtre ; vous ne pouvez me perdre, parce que je suis grand-juge : mais Socrate peut nous faire tort à l’un et à l’autre en nous démasquant ; nous devons donc commencer, vous et moi, par le faire mourir, et puis nous verrons comment nous pourrons nous exterminer l’un l’autre à la première occasion.


ANITUS.

On ne peut mieux parler.

à part.

Hom ! Que je voudrais tenir ce coquin d’aréopagite sur un autel, les bras pendants d’un coté et les jambes de l’autre, lui ouvrir le ventre avec mon couteau d’or, et consulter son foie tout à mon aise !


MÉLITUS.

Ne pourrai-je jamais tenir ce pendard de sacrificateur dans la geôle, et lui faire avaler une pinte de ciguë à mon plaisir ?


ANITUS.

Or ça, mon cher ami, voilà vos camarades qui avancent : j’ai préparé les esprits du peuple.


MÉLITUS.

Fort bien, mon cher ami ; comptez sur moi comme sur vous-même dans ce moment, mais rancune tenant toujours.


Scène IX

Anitus, Mélitus, quelques JUGES d’Athènes qui passent sous les portiques.



ANITUS

DRIXA, TERPANDRE, ACROS.

Justice, justice, scandale, impiété, justice, justice, irréligion, impiété, justice !


ANITUS.

Qu’est-ce donc, mes amis ? De quoi vous plaignez-vous ?


DRIXA, TERPANDRE, ACROS.

Justice, au nom du peuple !


MÉLITUS.

Contre qui ?


DRIXA, TERPANDRE, ACROS.

Contre Socrate.