Page:Voltaire - La Raison par alphabet, 6e édition, Cramer, 1769, tome 1.djvu/186

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Histoire.

nisme aux grandes Indes chez le roi Gondafer, & qu’il y alla en qualité d’architecte.

La quantité de livres de cette espèce écrits dans les premiers siècles du Christianisme est prodigieuse. St. Jérôme & St. Augustin même, prétendent que les lettres de Sénèque & de St. Paul sont très authentiques. Dans la première lettre Sénèque souhaite que son frère Paul se porte bien ; Bene te valere, frater, cupio. Paul ne parle pas tout à fait si bien latin que Sénèque ; J’ai reçu vos lettres hier, dit-il, avec joie : Litteras tuas hilaris accepi, & j’y aurais répondu aussitôt si j’avais eu la présence du jeune homme que je vous aurais envoyé, si praesentiam juvenis habuissem. Au reste, ces lettres qu’on croirait devoir être instructives, ne sont que des compliments.

Tant de mensonges forgés par des Chrétiens mal instruits & faussement zélés, ne portèrent point préjudice à la vérité du Christianisme, ils ne nuisirent point à son établissement ; au contraire, ils font voir que la société chrétienne augmentait tous les jours, & que chaque membre voulait servir à son accroissement.

Les Actes des apôtres ne disent point que les apôtres fussent convenus d’un symbole. Si effectivement ils avaient rédigé le symbole, le Credo, tel que nous l’avons, St. Luc n’aurait pas omis dans son histoire ce fondement essentiel de la religion chrétienne ; la substance du Credo est éparse dans les Évangiles, mais les articles ne furent réunis que longtems après.

Notre symbole, en un mot, est incontesta-