Page:Wagner - À Mathilde Wesendonk, t1, 1905, trad. Khnopff.djvu/107

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9 Octobre.

J’ai commencé maintenant. Avec quoi ?

Je ne possédais de nos lieder[1] que les rapides esquisses au crayon, parfois tout à fait sommaires et si indéchiffrables que je craignais de les oublier absolument quelque jour. Je me suis contraint à les rejouer ; je les ai complètement évoqués à ma mémoire : puis je les ai notés avec soin. Maintenant il n’est plus nécessaire que tu m’envoies les tiens ; j’ai les miens ici...

Ce fut donc mon premier travail. Les ailes sont essayées. Je n’ai jamais fait mieux que ces lieder et fort peu de chose dans mon œuvre pourra les égaler.

« Et dévoile ton énigme,
Nature sacrée ! ...»

J’avais grande envie de modifier l’expression «nature sacrée». La pensée est exacte, mais non pas l’expression. La nature n’est pas «sacrée», sauf là où elle s’élève jusqu’à la sérénité. Mais pour l’amour de toi, je n’ai rien modifié.[2]

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12 Octobre.

Mon ami Schopenhauer dit quelque part : « Il est beaucoup plus facile de relever dans

  1. Il s’agit des cinq Poèmes (voir plus haut).
  2. Six pages manquent à partir d’ici dans le manuscrit.
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