Page:Wagner - À Mathilde Wesendonk, t1, 1905, trad. Khnopff.djvu/120

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primer. Je puis souffrir avec toi, m’affliger avec toi. Pourrais-je faire chose plus belle, lorsque tu souffres, lorsque tu es dans l’affliction ?

Tâche que je reçoive au plus tôt de tes nouvelles, afin que je puisse te voir clairement, en cette grave et lourde épreuve ! Comme ce qui vient de toi, ce que tu me diras sera un enseignement, un surcroît de noblesse pour moi. Que je retrouve dans tes paroles le sentiment, qui s’est habitué à embrasser le monde tout entier, dont faisait partie aussi ton fils, sa vie, son doux trépas. Sois certaine d’être comprise toujours par ma fervente amitié ! . . . Chère, pauvre enfant ! —

31 Octobre, soir.

Ne sais-tu donc pas, mon enfant, que je dépends de toi, uniquement de toi ? Que la grave sérénité, avec laquelle se fermait le journal que je t’ai expédié,[1] n’était que l’image réfléchie de la tienne, du bel état de ton âme, qui m’était communiqué ? Oh ! ne me tiens pas pour tellement grand, que je puisse être, rien que pour moi et par moi, ce que je suis, et tel que je suis. Combien profondément je le sens maintenant ! Je suis déchiré jusqu’au cœur par une souffrance, envahi par une détresse inexprimables ; — j’ai reçu ton envoi, j’ai là ton journal, ta réponse ! ... Ne sais-tu

  1. Voir plus haut.
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