Page:Walpole - Le chateau d'Otrante, partie 1, trad Eidous, 1767.djvu/120

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LE CHÂTEAU

avec patience ? C’eſt moi qui ſuis votre meurtrier ! C’eſt moi qui ſuis cauſe de votre perte ! Je vous pardonne d’auſſi bon cœur, lui dit le jeune homme, que je ſouhaite que le Ciel me pardonne. Écoutez ma confeſſion, mon Père, & donnez-moi votre bénédiction. Comment puis-je vous préparer comme je dois à ce paſſage ? lui dit Jérôme. Vous ne pouvez être ſauvé que vous ne pardonniez à vos ennemis… Et pouvez-vous pardonner à l’impie que voilà ? Je le puis, ajouta Théodore, & je le fais… Et cela ne te touche point, Prince cruel ! s’écria le Frère. Je vous ai fait appeler pour le confeſſer, lui dit Manfred, & non point pour prendre ſa défenſe. C’eſt vous qui m’avez irrité contre lui… Que ſon ſang retombe ſur votre tête ! Je le veux, je le veux, reprit le ſaint homme. Ni toi, pi moi, n’irons jamais où va ce bien-