Page:Walter - Voyage autour du monde fait dans les années 1740, 1, 2, 3, 4, 1749.djvu/116

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dra aller dans la Mer du Sud, au lieu de passer par le Détroit de le Maire, de gagner l’Est de la terre des États, de courir alors au Sud, jusqu’à la hauteur de 61 à 62 degrés, de mettre ensuite le Cap à l’Ouest, en restant à cette latitude, jusqu’à ce qu’on se soit bien assuré d’être suffisamment avancé à l’Ouest ; après quoi il faut porter au Nord.

Comme ces directions sont diamétralement opposées à celles qu’on a jusqu’à présent données pour cette Navigation, je me trouve obligé d’appuier de quelques raisons, chacun de ces articles particuliers de l’avis que je viens d’indiquer. Premièrement à l’égard du passage à l’Est de la terre des États, si l’on fait attention aux risques que nous courumes en passant le Détroit de le Maire, au danger où nous fumes d’être jettés par les Courants sur la Terre des États, et à ce qu’après avoir heureusement évité ce danger, nous fumes cependant portés à l’Est de cette Terre, par ces Courans ; Si l’on fait, dis-je, attention à ces risques et à d’autres qu’on a couru dans ce même passage, on trouvera qu’il n’est pas prudent de s’exposer dans ce Détroit aux périls de faire naufrage, pour se trouver aussi peu avancé du côté de l’Ouest, qu’on l’auroit été par une Navigation beaucoup plus sûre dans une Mer ouverte.

En second lieu, j’ai conseillé de gagner la Latitude de 61° à 62° Sud, avant de courir à l’Ouest. Je me fonde pour cet article, sur ce que, suivant toutes les apparences, les courants seront moins violents à cette hauteur, et le tems moins orageux et moins inconstant. Nous l’avons expérimenté nous mêmes ; car après qu’à notre grande surprise, nous eumes trouvé terre auprès du Cap Noir, comme je l’ai dit dans le chapitre précédent ; et que portant au Sud pour nous dégager des Terres, nous fumes à 60° et au-delà, nous eumes des vents moins tempétueux et une mer moins mâle que dans tout le reste du passage. L’air, à la vérité, y étoit vif et froid, et les vents assez forts, mais constants et uniformes, avec un beau Ciel et un temps clair ; au lieu que dans les Latitudes moins hautes, les vents ne diminuoient que pour revenir avec une violence, à nous faire craindre à tous coups, la perte de nos Mâts, qui auroit entrainé celle de nos Vaisseaux Les Courans y sont aussi moins forts que le long des Côtes, et diminuent à mesure qu’on s’éloigne de terre, jusqu’à venir presqu’à rien quand on est à une grande distance. En voici la raison si je ne me trompe. Les courants constans sont vraissemblablement causés par des vents constans, qui poussent toujours devant eux une grande quantité d’eaux, quoique d’un mouvement imperceptible ; ces eaux