Page:Walter - Voyage autour du monde fait dans les années 1740, 1, 2, 3, 4, 1749.djvu/138

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la quatre heures avant que nous pussions avoir notre cable à pic ; après quoi avec tous nos efforts, accompagnés de quelques promesses, dans l’espérance qu’elles pourroient aider, nous nous trouvames hors d’état de détacher l’ancre du fond. Mais un vent frais et favorable s’étant levé à midi, nous donnames toutes nos voiles au vent, ce qui fit quitter l’ancre heureusement. Nous rangeames la Côte, jusqu’à ce que fussions vis-à-vis de la pointe qui forme la partie Orientale de la Baye. Quand nous fumes devant l’entrée de la Baye, le vent, qui jusqu’alors avoit été bon, commença à changer, et à souffler par boufées ; mais, grâce à la hauteur, que nous avions gagnée, et à force de serrer le vent, nous entrames dans la Baye, et y laissames tomber l’ancre sur cinquante-six brasses d’eau. Immédiatement après nous découvrimes une Voile, et ne doutames pas un instant qu’elle ne fût de notre Escadre. Nous trouvames, quand elle approcha davantage, que c’étoit le Tryal, et lui envoyames d’abord quelques Matelots, qui l’aidèrent à mouiller entre nous et la Côte. Nous apprimes bientôt, que ce Vaisseau n’avoit été rien moins qu’exemt des maux, qui nous avoient si cruellement attaqués ; car le Capitaine Saunders, étant venu saluer le Commandeur, lui fit rapport qu’il avoit perdu trente et quatre hommes de son Equipage, ajoutant, que tous les autres, étoient si malades du Scorbut, que lui seul, avec son Lieutenant et trois de ses Matelots se trouvoient en état de gouverner les voiles. Le Tryal jetta l’ancre, près de nous le 12 de Juin environ à midi, mais dans le tems que nous songions à nous faire touer plus près du rivage par le Tryal, et que la chose étoit sur le point de s’exécuter, il vint de terre des coups de vent violens, qui nous en empêchèrent. D’ailleurs nous fumes détournés de ce soin par d’autres occupations plus importantes, savoir, de faire dresser des tentes à terre pour les malades ; car outre que le nombre de сеux qui mouroient à bord, alloit de jour en jour en augmentant, il n’у a aucun lieu de douter que la puanteur et l’infection n’eussent, puissamnnent contribué à augmenter les maladies, dont l’Equipage étoit attaqué. Le nombre des Matelots en état de maneuvrer étoit devenu à la fin si petit, qu’il n’y avoit pas eu moyen de nettoyer le Vaisseau avec le soin nécessaire. Mais quoiqu’il y eût entre les ponts une odeur insupportable, et que nous souhaitassions tous ardemment de soulager les malades et de nous rendre à terre avec eux, nous étions si faibles de monde qu’il ne nous fut pas possible de dresser des tentes avant le 16 de Juin, Ce jour-là, et les deux jours suivans, nous envoyames