Page:Walter - Voyage autour du monde fait dans les années 1740, 1, 2, 3, 4, 1749.djvu/241

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Coquilles de belle Nacre de Perle. C’étoient des marques du séjour que les Pêcheurs de Panama, viennent faire ici tous les Etés. Les Huitres perlières se trouvant dans toute la Baye de Panama, mais nulle part en plus grande abondance qu’à Quibo ; pour peu qu’on y avance dans la Mer, il ne faut que se baisser et les détacher du fond. Ces Huitres sont fort grandes, mais nous les avons trouvées coriaces et de mauvais goût. Puisque je suis tombé sur le sujet de cette pêche, je crois qu’on ne sera pas fâché de trouver ici quelques particularités qui en sont venues à ma connoissance.

Les Huitres qui donnent le plus de Perles, sont celles qui se trouvent à une plus grande profondeur ; car quoique celles qu’on prend à l’entrée de la Mer et sans plonger, soient de la même espèce, elles ne produisent ni grosses Perles, ni en grand nombre. On assure aussi que la beauté de la Perle dépend de la qualité du fond, où l’Huitre s’est nourrie ; si ce fond est vazard, la Perle est d’une couleur obscure, et de laide eau.

Les Plongeurs qu’on employe à cette Pêche font des Esclaves Nègres, dont les Habitans de Panama et de la Côte voisine entretiennent un grand nombre, et qui doivent être dressés avec grand soin à cet exercice. On dit qu’ils ne passent pour des Plongeurs parfaits que lorsqu’ils sont parvenus par degrés au point de pouvoir rester sous l’eau, jusqu’à ce que 1e sang leur sorte du Nés, de la Bouche et des Oreilles ; et l’opinion établie est qu’après cette épreuve une fois faite, ils ont beaucoup plus de facilité à plonger qu’auparavant. Au reste, ils ne craignent aucune mauvaise suite de cet accident ; l’hémorragie s’arrête d’elle-même, et ils n’y sont plus sujets à l’avenir. Mais revenons à notre sujet.

La Mer d’autour de Quibo nous dédommageoit amplement de ses mauvaises Huitres, par le nombre et la bonté des Tortues, qu’elle nous fournissoit ; elles y sont excellentes et nous en prenions tant que nous voulions. On en compte ordinairement quatre espèces. La première est la plus grande de toutes, et assez semblable à la seconde ; la seconde est la Caouanne ; la troisième, le Caret, et la dernière, la Tortue franche. Les deux prémières ne valent absolument rien ; la troisième n’est pas trop bonne à manger, mais elle fournit la belle Ecaille, et la quatrième passe généralement pour un mêts excellent : et nous savons par notre propre expérience, qu’on n’en peut trouver de plus sain ; car nous en avons vécu pendant quatre mois, sans en ressentir aucun mauvais effet. Cet Amphibie vient à terre pour faire sa ponte, et dépose ses œufs dans un trou, qu’il fait dans le sable au-dessus de l’endroit où la plus haute Ma-