Page:Walter - Voyage autour du monde fait dans les années 1740, 1, 2, 3, 4, 1749.djvu/392

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Officier, qui étoit à Bord, dans ce tems-la. Les voici ;

"Mai 31. Exercé nos Gens à leurs postes, en grande attente de voir bientôt les Galions. C’est aujourd’hui l’onzième de Juin, suivant leur stile"

"Juin 3. Gardé notre croisière, et l’œil au guet, pour ’découvrir les Galions ".

"Juin 5. Grande attente ; car c’est la Mi-Juin, de leur stile".

"Juin 11. Nous commençons à поus impatienter de ne pas voir les Galions".

"Juin 13. Le vent frais d’Est, qui a soufflé depuis deux fois vingt-quatre heures, nous donne de grandes espérances de voir bientôt les Galions".

"Juin 15. Toujours croisé, et l’œil au guet".

"Juin 19. C’est aujourdhui le dernier de Juin, N. S. Les Galions, s’ils arrivent du tout, doivent bientôt paroître".

On voit par ces échantillonss à quel point l’idée des Trésors des Galions, s’étoit emparée de leur imagination ; et combien tristement ils passèrent les derniers jours qu’ils furent en croisièге, la certitude de voir paroître ces Vaisseaux ayant déja dégénéré en simple probabilité, et cette probabilité diminuant elle-même d’heure en heure. Enfin pourtant, le 20 de Juin, V. S. justement un mois, après leur arrivée, à cette hauteur, ils furent délivrés de cet état cruel d’incertitudes ; au lever du Soleil, on découvrit du haut du Mât, une voile au S. E. Une joie universelle éclata sur le Vaisseau ; car personne ne révoqua en doute, que ce ne fût un des Galions, et ils s’attendoient à voir bientôt paroître l’autre. Le Commandeur fit sur le champ porter vers ce Bâtiment, et à sept heure et demi, ils en étoient assez près, pour le voir de leur Pont. Vers ce tems-là, le Galion tira un coup de Canon, et amena ses voiles de Perroquet ; nos Gens crurent que c’etoit un signal à l’autre Galion, pour le presser de joindre ; le Centurion tira aussi un coup de Canon, au Lof, pour faire croire aux Espagnols, qu’il avoit aussi un Compagnon. Le Commandeur étoit surpris, de voir que le Galion ne changeât pas de cours, et portât toujours sur lui ; il ne pouvoit se persuader ce qui étoit pourtant vrai, que les Espagnols l’avoient reconnu, et avoient pris la résolution de le combattre.

Vers midi, le Commandeur se trouva à une lieue du Galion, desorte qu’il n’y avoit pas, à craindre qu’il pût échaper ; et comme on ne voyoit