Page:Widor - Initiation musicale.djvu/44

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
INITIATION MUSICALE

des violons de la Cour, dont quelques-uns, dit-on, étaient de la composition du roi. Certaines proses de l’Antiphonaire parisien, à l’Ascension, à l’Assomption, par exemple, rappellent thèmes et rythme de ces Menuets, lesquels d’ailleurs dérivent des rapsodies des ménestrels, au Moyen Âge.

En contant les derniers moments de Louis XIV, Saint-Simon nous montre le rôle des « Violons » à la cour du Grand Roi :

« Le vendredi 9 août, grande musique chez Mme de Maintenon[1]. Lundi 12, le soir, petite musique. Vendredi 16, grande musique. Dimanche 25, fête de saint Louis : le roi est couché, mais n’a voulu aucun changement au traditionnel programme du jour ; comme d’habitude, aubade des tambours et des hautbois sous ses fenêtres, et ses « vingt-quatre violons » dans l’antichambre, à l’heure du diner.

« Les violons reviennent un peu plus tard, pour le concert de 7 heures, mais l’état du roi a subitement empiré, tout le palais est en émoi ; on congédie les musiciens et l’on court chercher le curé de la paroisse. Louis XIV mourait le ier septembre.»

Il n’y avait pas uniquement des violons dans l’orchestre de Lulli ; le bon La Fontaine s’en plaint :

La voix veut le théorbe et non pas la trompette :
Et la viole, propre aux plus tendres amours.
N’a jamais, jusqu’ici, pu se joindre aux tambours.

Puis, rêvant d’une jeune cantatrice :

(42)
  1. La bande des Vingt-quatre violons du roi date de Louis XIII (grande musique). Lulli forma celle des Violons de Cabinet (petite musique), composée de quelques instruments à cordes avec des hautbois et des bassons.
    xxxLes douze Trompettes, quoique dits de la Chambre, faisaient partie de la Grande Écurie, ainsi que les Timbaliers (État de la France, 1798).