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Page:Wilde - Le portrait de Dorian Gray (trad. Jaloux), 1928.djvu/230

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la vieille roche que lui enviaient tous les connaisseurs.

Concernant ces mêmes pierres précieuses, il découvrit de fantastiques histoires. La Clericalis Disciplina d’Alphonso fait mention d’un serpent dont les yeux étaient d’hyacinthe véritable ; et la légende d’Alexandre veut que le Conquérant d’Emathie ait trouvé dans la vallée du Jourdain des serpents « sur l’échine desquels poussaient des colliers de vraies émeraudes ». Philostrate raconte qu’il y avait une gemme dans le cerveau du Dragon, et qu’il suffisait « de présenter au monstre des lettres d’or et une robe de pourpre » pour le plonger dans un sommeil magique et l’égorger sans peine. Selon le grand alchimiste Pierre de Boniface, le diamant rendait invisible, et l’agate de l’Inde, éloquent. La cornaline apaisait la colère, l’hyacinthe provoquait le sommeil et l’améthyste dissipait les fumées du vin. Le grenat chassait les démons et l’hydropicus décolorait la lune. L’éclat de la sélénitis croissait et décroissait avec la lune. Le meloceus, qui découvrait les voleurs, ne cédait qu’au sang de chevreau. Leonardus Camillus avait vu une pierre blanche, tirée du cerveau d’un crapaud fraîchement tué, et qui était un antidote certain contre les poisons. Le bézoard qu’on trouvait dans le cœur de la gazelle d’Arabie, avait le pouvoir magique de guérir de la peste. Selon Démocrite, l’aspilate qui était dans le nid de certains oiseaux d’Arabie, préservait ceux qui la portaient de tout danger du feu.

Le roi de Ceylan, lors de son couronnement, parcourait à cheval toute la ville, un gros rubis à la main. Le palais du Prêtre-Jean avait des portes « faites de sarde,