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Page:Wilde - Le portrait de Dorian Gray (trad. Jaloux), 1928.djvu/280

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Cela ne vous regarde en rien. Votre seul rôle sera…

— Arrêtez, Gray. Je n’ai pas à en savoir plus long. Peu m’importe la vérité ou le mensonge de ce que vous venez de me dire. À aucun prix je ne veux être mêlé à votre vie. Gardez pour vous vos horribles secrets. Ils n’ont plus rien qui m’intéresse.

— Alan, vous devrez pourtant vous y intéresser. À celui-ci tout au moins. J’en suis bien peiné pour vous, Alan. Mais je ne puis m’en tirer par moi-même. Vous êtes le seul homme capable de me sauver. Force m’est donc de vous immiscer dans cette affaire. Je n’ai pas le choix. Alan, vous êtes versé dans les sciences. Vous connaissez la chimie et tout ce qui s’en rapproche. Vous avez fait maintes expériences. Ce que j’attends de vous, c’est que vous détruisiez l’homme qui est là-haut, et que vous le détruisiez si bien qu’il n’en reste pas trace. Personne ne l’a vu entrer vivant dans la maison. On le croit à Paris, présentement. Nul ne s’inquiétera de sa disparition avant des mois. Quand on s’en inquiétera, je ne veux plus qu’il se trouve ici le moindre indice de son passage. À vous, Alan, à vous de changer cet homme et tout ce qui est sur lui en une poignée de cendres que je puisse semer au vent.

— Vous êtes fou, Dorian.

— Ah ! j’attendais qu’il vous plût de m’appeler Dorian !

— Vous êtes fou, vous dis-je, fou d’attendre de moi que je lève un doigt pour vous secourir, fou de me faire cette confession monstrueuse. Je ne tremperai point dans cette affaire, quelle qu’elle soit. Pensez-vous donc