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Page:Wilde - Le portrait de Dorian Gray (trad. Jaloux), 1928.djvu/328

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les yeux dilatés d’inquiétude, se précipita entre les branches pendantes des palmiers. Dorian Gray, le visage contre le sol carrelé, gisait évanoui, dans une pose de mort. Vite on le transporta dans le salon bleu, où on l’étendit sur l’un des sofas. Il revint à lui presque aussitôt et, regardant avec des yeux effarés :

— Qu’est-il arrivé ? demanda-t-il. Ah ! je me rappelle. Suis-je en sûreté ici, Harry ? Il se mit à trembler.

— Mon cher Dorian, répondit lord Henry, vous vous êtes simplement évanoui. Voilà tout. Peut-être vous étiez-vous trop fatigué. Vous feriez mieux de ne pas venir dîner. Je vous remplacerai.

— Non, non, je descendrai, fit-il, se levant avec effort. J’aime mieux cela. Je ne veux pas rester seul.

Il passa dans sa chambre et s’y habilla.

À table, il se montra d’une gaieté follement insouciante ; mais de temps à autre il sentait un frisson d’épouvante lui courir par tout le corps, quand il se souvenait d’avoir vu, aplati comme un mouchoir blanc contre les vitres de la serre, le visage guetteur de James Vane.