besoin et je leur enverrai la somme que vous croirez nécessaire.
— Nous ne savons pas qui est cet homme, monsieur. C’est pour cela que j’ai pris la liberté de venir vous déranger.
— Comment, vous ne savez pas ? fit indolemment Dorian. Que voulez-vous dire ? N’était-ce pas un de vos rabatteurs ?
— Non, monsieur. Je ne l’avais jamais vu avant ce jour. On dirait un matelot, monsieur.
Dorian laissa tomber la plume. Il lui sembla que son cœur, subitement, avait cessé de battre.
— Un matelot ? cria-t-il. Vous avez bien dit un matelot ?
— Oui, monsieur. Il a tout à fait l’air d’une espèce de marin : tatoué sur les deux bras, et autres signes de ce genre.
— N’a-t-on rien trouvé sur lui ? s’enquit Dorian, penché vers le garde et les yeux dilatés. Pas un papier donnant son nom ?
— Rien qu’un peu d’argent, bien peu, monsieur, et un revolver à six coups. Mais pas trace de nom. Un homme d’honnête apparence, monsieur, mais de condition grossière. À notre idée, une sorte de matelot !
Dorian se leva, d’un bond. Un farouche espoir s’offrait à lui. Il s’y cramponna désespérément.
— Où est le corps ? s’écria-t-il. Vite, j’ai hâte de le voir.
— Il est dans une étable vide de la ferme, monsieur. Les gens n’aiment pas à avoir de ces choses-là