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Page:Wilde - Le portrait de Dorian Gray (trad. Jaloux), 1928.djvu/352

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de longues herbes s’accrochent à ses cheveux. Si je vous disais que je ne crois pas qu’il eût fait grand’chose de bon désormais. Ces dix dernières années, sa peinture avait bien faibli.

Dorian poussa un long soupir. Lentement, lord Henry s’en fut à l’autre bout de la pièce, gratter la tête d’un curieux perroquet de Java, oiseau de belle taille, plumes grises, crête et queue roses, qui se balançait sur un perchoir de bambou. Au contact des doigts fuselés, il abaissa la blanche pellicule de ses paupières plissées sur le glacis de ses yeux noirs, avec un dodelinement berceur.

— Oui, reprit lord Henry, sortant de sa poche un fin mouchoir et revenant vers Dorian, sa peinture était en pleine décadence. Quelque chose semblait l’avoir quittée. Elle avait perdu son idéal. Du jour où vous cessâtes, vous et lui, d’être de grands amis, il cessa d’être un grand artiste. Quelle a été la raison de votre rupture ? Basil vous ennuyait sans doute ? En ce cas, il ne vous l’aura jamais pardonné. C’est l’habitude des gens assommants. À propos, qu’est donc devenu son merveilleux portrait de vous ? Je ne l’ai jamais revu, ce me semble, depuis son achèvement. Ah ! je me rappelle. Vous m’avez raconté, voilà bien des années, que vous l’aviez envoyé à Selby, et qu’en route il avait été volé ou perdu. Ne l’avez-vous pas retrouvé ? Quel dommage ! Vraiment c’était un pur chef-d’œuvre. Il m’en souvient, j’avais voulu l’acheter. Je m’en féliciterais aujourd’hui. C’était du Basil de la meilleure période. Depuis lors, son œuvre a présenté ce curieux mélange