Page:William Morris - Nouvelles de Nulle Part.djvu/85

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


avec qui j’aurai peut-être une longue conversation.

Il pâlit et soupira, pas précisément de plaisir, me sembla-t-il ; je ne dis donc rien, naturellement, et il dirigea le cheval sous une arcade qui nous conduisit dans un très large rectangle pavé, avec un grand sycomore à chaque coin, et une fontaine jaillissante au milieu. Près de la fontaine, il y avait quelques boutiques de marché, avec de gais auvents de toile rayée, autour desquels du monde, surtout des femmes et des enfants, passait tranquillement en regardant les produits exposés. Le rez-de-chaussée du bâtiment autour de ce rectangle était occupé par une large arcade ou cloître, dont je ne pouvais assez admirer la capricieuse, mais forte architecture. Là aussi quelques personnes flânaient ou étaient assises à lire sur des bancs.

Dick me dit en manière d’excuse :

— Ici comme ailleurs, c’est peu actif aujourd’hui ; un vendredi vous verriez tout bondé, égayé par le monde, et l’après-midi il y a généralement musique à la fontaine. Pourtant je pense que nous aurons une assez bonne réunion à notre repas de midi.

La voiture traversa le rectangle, et, par une arcade, entra de l’autre côté dans une grande belle écurie, où le vieux cheval fut vite installé ; nous fîmes son bonheur en lui donnant sa pitance, puis nous retraversâmes à pied le marché, Dick semblant assez soucieux, à ce qu’il me parut.