Page:Wylm - L'Amant de la momie, paru dans Le Matin, 24-10-1912 au 06-12-1912.djvu/18

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nime de l’antichambre fut que la momie porterait malheur au château.

Seul, le précepteur Rogers, au grand étonnement de tout le monde, témoigna pour elle un extraordinaire intérêt.

— Dire que nous avons là ce qui reste d’une femme qui fut peut-être jolie ! murmura Martins.

— Mais elle est encore très jolie ! répliqua Rogers d’un ton singulier.

Personne ne fit alors attention à cette réponse, dans laquelle le docteur Martins prétend trouver la clef des aventures de son ami.

Quoi qu’il en soit, à dater de ce moment, le précepteur fut pris d’un ardent désir de s’initier à l’étude des hiéroglyphes, de l’écriture et du langage de l’ancienne Égypte, de ses mœurs et de son histoire.

Ainsi commença la carrière d’orientaliste de Rogers.

Les premiers jours qui suivirent l’arrivée de Nefert-thi — c’est le nom de la momie — furent relativement calmes. À sa sortie de l’hôpital le marin Daniel Mac Donald vint voir son frère, mais il ne consentit sous aucun prétexte à passer une nuit dans le château où était la « chose ».

Son naïf dévouement à lord Charing lui donna l’audace de demander audience au comte.

— J’assure à Votre Seigneurie, dit-il, que la « chose » est malfaisante pour elle et pour sa famille. Qu’on la renvoie dans son pays ; autrement elle fera beaucoup de mal et beaucoup de dégâts.

Lord Charing se contenta de sourire ; mais voici ce qui arriva le lendemain soir.

Le frère de Daniel, William, était fiancé à une femme de chambre : Betsy. Leur service terminé, ils se retrouvaient dans le jardin, au pied de la terrasse qui longe la galerie ; un soir ils causaient tranquillement de leur avenir, mêlant sans doute quelques baisers timides à leur conversation, quand ils entendirent une musique très extraordinaire, qui semblait provenir d’un orchestre placé dans la galerie.

Les musiciens devaient jouer d’instruments peu usuels ; il est assez difficile de comprendre très exactement ce qu’ont voulu dire Betsy et William ; ils sont d’accord cependant pour déclarer que l’air entendu par eux ne ressemblait pas à la musique