Page:Xénophon - Œuvres complètes, éd. Talbot, tome 1.djvu/404

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nœud et le cordeau seront fermes. Le bois auquel le cordeau est attaché doit être de chêne ou d’yeuse ; il a trois empans de longueur sur une paume d’épaisseur, et conserve son écorce. Pour poser ces pièges, on fait en terre une fosse ronde de cinq paumes de large. Égale à son orifice aux couronnes des piéges, elle se rétrécit insensiblement par le bas. On pratique ensuite dans la terre une autre ouverture où l’on place solidement le cordeau et le bois auquel il adhère : cela fait, on pose de niveau le bas du piége, on passe le nœud du cordeau autour de la couronne ; puis, quand le cordeau et le bois seront chacun à sa place, on met des tiges de chardon sur la couronne, de manière qu’elles ne s’étendent point au delà, et l’on jonche le tout d’un lit de feuilles légères, celles de la saison. Après cette opération, l’on répand sur l’engin une couche de la terre extraite de la fosse, et par-dessus une terre plus solide, tirée d’un endroit éloigné, pour mieux cacher le piége à la bête. Le surplus de la terre doit être emporté loin du piége ; car si l’animal sent une terre fraîchement remuée, il entre en soupçon : or, il la sent tout de suite.

Le veneur, suivi de ses chiens, doit épier les cerfs de montagne, principalement le matin, quoiqu’il le puisse aussi le reste de la journée ; quant à ceux des cultures, c’est avant le jour. Sur les montagnes, on prend le cerf la nuit et en plein jour, en raison de la solitude ; dans les cultures, c’est la nuit, parce que la présence des hommes l’effraye.

Dès qu’on trouve le piége culbuté, on découple les chiens, on les anime, et l’on poursuit la bête sous la traînée du bois, en remarquant où elle conduit. D’ordinaire elle est visible : des pierres sont déplacées, les traces du bois traîné sillonnent les cultures. Si l’animal a passé par des endroits raboteux, des parcelles d’écorce arrachées au bois adhèrent aux pierres, et tous ces indices facilitent la poursuite de la bête. Si elle est prise par un des pieds de devant, elle tombe bientôt au pouvoir du veneur, le bois lui battant tout le corps et la face ; si c’est par un des pieds de derrière, le bois qu’elle traîne nuit au mouvement de tout son corps. Quelquefois aussi le piége s’embarrasse dans les branches fourchues de la forêt, et, si l’animal ne brise pas le cordeau, il est pris. Il faut, quand la bête est prise ou rendue, si c’est un mâle, n’en point approcher : il frappe des cornes et des pieds. On le frappe de loin avec les javelots. On les prend à la course, même sans piéges, durant la saison d’été : ils sont vite épuisés, s’arrêtent