Page:Young - Voyages en France en 1787, 1788 et 1789.djvu/240

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ANNEE 1789


Mes deux précédents voyages m’avaient fait traverser la moitié ouest de la France dans toutes les directions, et les renseignements reçus en les accomplissant m’avaient donné autant de connaissance des méthodes générales de culture, du sol, de son aménagement, de ses productions, qu’on pouvait en avoir sans pénétrer dans chaque localité, sans vivre longtemps dans différents endroits, manière d’examiner qui, pour un royaume comme la France, demanderait plusieurs générations, et non plusieurs années. Il me restait à visiter l’Est. Le grand espace formé par le triangle dont Paris, Strasbourg et Moulins sont les sommets, et la région montagneuse au sud-est de cette dernière ville, me présentaient sur la carte un vide qu’il fallait combler avant d’avoir de ce royaume une idée telle que je me l’étais proposée. Je me déterminai à ce troisième voyage afin d’accomplir mon dessein ; plus j’y réfléchissais, plus il me paraissait important ; moins aussi il me semblait avoir de chance d’être exécuté par ceux que leur position mettait mieux à même que moi d’achever l’entreprise. La réunion des états généraux de France qui s’approchait me pressait aussi de ne pas perdre de temps ; car selon toutes les probabilités humaines, cette assemblée doit marquer l’ère d’une nouvelle