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Parnasse des dames/Tome 03/Marie de Romieu

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Traduction par Fatné de Morville.
Parnasse des dames, Texte établi par Edme-Louis Billardon de SauvignyRuault3 (p. 25-26).

MARIE DE ROMIEU.

Il n’eſt pas heureux pour le beau Sèxe que ſon Apologiſte la plus zélée, n’eut pas reçu de la nature des talens proportionnés à la bonté de ſa cauſe. Un frère de Marie de Romieu pour faire ſa cour à un vieil oncle, Perinet des Auberts, avoit écrit une ſatyre contre les femmes. La ſœur crut devoir y répondre par un brief diſcours en vers, dans lequel elle s’efforce de prouver que l’excellence de la femme ſurpaſſe celle de l’homme ; ſur-tout en la candeur & la bonne foi. Elle ne ſe contente même pas de faire un crime aux hommes de la pente que les femmes ont à l’amour, elle diſpute encore à ceux-là de la témérité, de la force & du courage, en leur oppoſant des Héroïnes dont les faits d’armes ſurpaſſent de beaucoup tout ce que les Hercules, les Alexandres & les Céſars ont pu faire.

Jacques de Romieu ne voulut ſe venger de la réponſe de ſa ſœur qu’en la faiſant imprimer, & pour que ſa vengeance fut complette, il y joignit toutes les Poéſies qu’il en put recueillir.

Mademoiſelle de Romieu a fait auſſi l’éloge du Rien.

Comme il faut de la variété dans un Recueil, & que tels Ouvrages, quoique mauvais, peuvent avoir un côté plaiſant, nous donnerons un petit extrait de ſon Apologie des Femmes, auquel nous ajouterons une Élégie très-précieuſe pour le tems, par la peinture qui s’y trouve des mœurs, & même par le tour facile des vers qui ne laiſſent pas que d’avoir, malgré leur négligence, de la grace & une ſorte de naïveté.