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Parnasse des dames/Tome 03/Poésies de mademoiselle des Roches

La bibliothèque libre.
Traduction par Fatné de Morville.
Parnasse des dames, Texte établi par Edme-Louis Billardon de SauvignyRuault3 (p. 11-24).

POESIES
DE MADEMOISELLE
DES ROCHES.

L’AGNODICE, [1]
CONTE HISTORIQUE.

De tous les maux ſouvent on tire quelque bien :
L’avare, enchaîné d’or, ſe plaît en ſon lien ;
Le ſuperbe ſe fond d’une douce allégreſſe,
S’il voit un grand Seigneur qui l’honore & careſſe ;
Le jeune homme, ſurpris de laſcives amours,
S’amuſe en ſon eſprit à mille plaiſans tours ;
Le gourmand prend plaiſir au manger qu’il dévore,
Et ſemble par les yeux le dévorer encore.
  Mais, ô cruelle Envie, on ne reçoit par toi
Que la douleur, la rage & la honte, & l’émoi…

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ODE VII.

À toi, Vénus, le mirthe eſt dû,
À Cloris les ſleurs de la prée,
À Phoebus le laurier agréé :
À Pallas doit être rendu
Le chef de ſes pâles olives,
Croiſſant auprès des chaſtes rives :
Mais les plains & le pleur amer
Appartiennent au Dieu d’aimer.

ÉPITAPHE
DE MÉDÉE

Fuyez, Dames, fuyez d’amoureuſes pointures ;
Tirez un doux ſalut de ma peine tant dure.
Beauté, grandeur, tréſor, herbes, enchantemens
Ne ſçurent alléger mes ennuyeux tourmens.
Je fus Reine, & forçai les étoiles hautaines ;
Mais le Tyran Amour triompha de mes peines
Et voulant m’affranchir de ſon cruel émoi
Je tuai père, frère, époux, enfans & moi.

ODE VIII.

À ses Vers.

Je ne penſai jamais que vous euſſiez la force
De réſiſter aux coups dont nous frappe le tems,
Auſſi je vous écris comme par paſſe-tems,
Fuyant d’oiſiveté la vicieuſe amorce.

Et pour ce, mes écrits, nul de vous ne s’efforce
De vouloir me laiſſer, car je vous le défends.
Où voulez-vous aller ? Eh ! mes petits enfans,
Vous êtes habillés d’une ſi foible écorce !

  1. Cette Piéce, une des plus foibles de Mademoiselle des Roches, doit trouver place dans ce Recueil à cauſe du ſujet.