Pensées, essais et maximes (Joubert)/Titre XI

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Librairie Ve le Normant (p. 290-311).
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TITRE XI.

DE LA VÉRITÉ, DE L’ILLUSION ET DE L’ERREUR.


I.

La vérité est la réalité dans les choses intelligibles. Il en est de plusieurs sortes : la vérité universelle, et la vérité particulière ; la vérité de fait ou de simple existence, et la vérité de nature ou d’existence nécessaire. L’homme est un animal religieux : voilà une vérité de nature et de nécessité. Les hommes sont avides et intéressés : voilà une vérité de simple fait, qui, pouvant être ou n’être pas, peut être ignorée, sans dommage pour l’esprit. La connaissance de la vérité universelle, de la vérité de nature, est en effet d’une grande importance, pour le bon ordre et pour la lumière de l’esprit ; mais celle des vérités particulières n’est nécessaire ou même n’est utile qu’à nos affaires. Les vérités générales sont les vérités de Dieu. Les vérités particulières ne sont que des opinions de l’homme. Le nom de vérité devrait n’être donné qu’à ce qui regarde les natures, les essences, et n’appartenir à rien de ce qu’il est permis d’ignorer. Les vérités qui éclairent le cœur et règlent les actions sont seules dignes de ce beau nom. Quand on l’applique aux choses matérielles, on en obscurcit la clarté. Tout ce qui n’est pas abstraction et maxime ne mérite que le nom de fait.

La vérité ! Dieu seul la voit. Que dirait-on et que penserait-on là-haut ? C’est en cela que consiste la vérité. Elle consiste à imaginer les choses comme Dieu et les saints les voient, comme on les voit au delà du monde, quand on y jette les yeux. On ne voit rien au vrai, si on ne le voit de haut. Il faut qu’on puisse dire : cela est vrai sur la terre, cela est vrai dans le ciel.

La vérité ne vient pas et ne peut pas venir de nous. Dans tout ce qui est spirituel, elle vient de Dieu, ou des esprits amis de Dieu auxquels sa lumière a lui, et, dans ce qui est matériel, des choses où Dieu l’a placée.

Il faut donc consulter Dieu d’abord, puis les sages et son propre esprit, pour tout ce qui est spirituel, et fouiller dans le fond des choses, pour ce qui est matériel.

étudiez les sciences dans la vérité, c’est-à-dire en regardant Dieu, car elles doivent montrer la vérité, c’est-à-dire Dieu partout.

N’écrivez rien, ne dites rien, ne pensez rien dont vous ne puissiez croire que cela est vrai devant Dieu.

Il y a des vérités inférieures qui servent à la vie et à ses usages ; des vérités moyennes qui exercent l’esprit, et qui lui donnent quelque satisfaction ; enfin des vérités supérieures qui éclairent l’âme, la nourrissent et font son bonheur. Il faut toujours lier les inférieures aux supérieures par les moyennes.

La vérité historique, hors des affaires, n’intéresse que l’érudit ; la vérité physique n’intéresse que notre corps ; mais la vérité morale intéresse toute notre âme, notre vie et notre mort. Qu’importe donc la vérité historique, où est la vérité morale ? Si la première compromet la seconde, il faut s’en défier, et en attendre l’explication.

Les vérités suprêmes ont une si grande beauté, que les erreurs mêmes qui nous occupent d’elles ont quelque chose de ravissant, et les ombres qui les voilent je ne sais quoi de lumineux.

Nos moments de lumière sont des moments de bonheur ; quand il fait clair dans notre esprit, il y fait beau.

Cherchons nos lumières dans nos sentiments.

Il y a là une chaleur qui contient beaucoup de clarté.

Nous aimons tellement le repos d’esprit, que nous nous arrêtons à tout ce qui a quelque apparence de vérité, et nous nous endormons sur les nuages.

Dans la lumière il y a deux points : le point qui éclaire et le point qui égare. Il faut s’en tenir au premier.

La vérité ressemble au ciel, et l’opinion à des nuages.

Ce qui est vrai à la lampe n’est pas toujours vrai au soleil.

Toute vérité a deux visages, toute règle deux surfaces, tout précepte deux applications.

« la vérité », dit-on, " est toujours utile à « la société. » il serait donc toujours permis de publier ce que l’on croit la vérité ? C’est ce que prétendaient les sophistes, et ce que prétendent encore quelques philosophes. Ils font consister la vérité à ne rien dire qu’ils ne puissent prouver. Ils l’aiment et la considèrent comme une prérogative, une dignité, une sorte d’affranchissement personnel. Persuadés que tous leurs sentiments sont la vertu même, et toutes leurs pensées la vérité, ils se croient magistrats nés, législateurs par nature, et, comme tels, non-seulement autorisés, mais obligés à répandre leurs opinions.

Oui, la vérité de Dieu est toujours utile à la société, parce qu’elle est toujours vérité ; mais la vérité de l’homme n’est souvent qu’erreur, parce que l’esprit de l’homme est faillible. Tout honnête homme, s’il a des opinions nouvelles, ne doit se permettre de publier que celles qui, éprouvées par l’avis des esprits bien faits, sont évidemment innocentes et évidemment utiles par elles-mêmes. L’utilité surtout peut fixer son indécision, car elle est un des caractères de la vérité ; elle en est le corps, comme la clarté en est l’ombre.

La clarté dans une opinion est la manifestation visible de la vérité ; l’utilité en est la manifestation palpable. Toute vérité n’est pas bonne à dire, car dite seule et isolée, elle peut conduire à l’erreur et à de fausses conséquences ; mais toutes les vérités seraient bonnes à dire, si on les disait ensemble, et si l’on avait une égale facilité de les persuader toutes à la fois.

Savez-vous, en effet, d’où vient qu’il y en a de pernicieuses ? C’est qu’elles ne sont pas offertes à l’esprit avec celles qui pourraient leur servir de contrepoison. Aussi n’est-il sage de dire une vérité aux hommes que lorsqu’on peut leur en dire deux. Tant qu’on n’en a trouvé qu’une, il faut la tenir en réserve, et attendre que la vérité, sa compagne, vienne, en s’unissant à elle, produire l’utilité. Imitons cette intelligence amie des hommes qui, ayant, dit-on, imaginé le vin, ne voulut le leur faire connaître qu’après avoir aussi imaginé l’eau destinée à le tempérer. Si nous faisons quelque découverte, ne la communiquons aux autres que lorsque nous pourrons leur offrir ensemble l’eau et le vin de la vérité.

Si ce qui est rigoureusement vrai, comme conséquence, n’a pas isolément et en soi une vérité qui contente l’esprit, cela n’est pas assez vrai, ou d’une vérité assez utile. Pour qu’une proposition ait une vérité bonne, il faut qu’elle soit vraie comme principe et comme conséquence.

Le temps et la vérité sont amis, quoiqu’il y ait beaucoup de moments contraires à la vérité.

Quand on aime le vrai, on a toujours quelque plaisir à entendre un homme dire ce qu’il pense, et quelque plaisir même à voir un homme faire ce qu’il a voulu.

Il n’est pas toujours nécessaire que les accessoires de la vérité soient vrais ; il suffit qu’ils puissent l’orner et la rendre plus propre à toucher le cœur.

Quand on frappe inutilement à la porte de certaines vérités, il faut essayer d’y entrer par la fenêtre. Il est des préjugés naturels et non acquis, qui précèdent le jugement, et le conduisent où il faut nécessairement qu’il aille, et par les chemins qu’il doit suivre pour faire de justes progrès. On s’égare, si l’on se refuse à de tels guides. Le philosophe doit s’y conformer en exposant la vérité ; il peut même emprunter quelquefois aux préjugés de son temps leur langage, pourvu qu’il ne leur emprunte jamais leur égarement.

Le soin de bien dire la vérité et d’apprivoiser l’attention est un devoir, une fonction du sage et une marque de sa bonté.

éclaircir une vérité, la rendre plus intelligible, la montrer sous un jour plus beau et qui attire l’attention, lui donner enfin un lustre nouveau, c’est là répandre la lumière.

Une goutte de lumière vaut mieux à donner ou à recevoir qu’un océan d’obscurités. On rend presque démontré ce qu’on parvient à rendre sensible, et presque sensible ce que l’on rend imaginable. C’est donc un grand service à rendre aux vérités que de les rendre imaginables.

Ce qui est ingénieux est bien près d’être vrai.

La joie que causent la vérité et les belles pensées, se fait sentir dans les paroles avec lesquelles on les exprime.

L’évidence a quelque chose de poétique, car elle descend des régions de la lumière.

Son langage ne doit-il pas s’en ressentir ? Celui qui illumine une question, dore et colore la vérité.

Il y a des vérités qu’on a besoin de colorer pour les rendre visibles. Tout ce qui tient à l’imagination surtout ne peut avoir d’existence extérieure que par les formes et les couleurs.

Il faut en entourer la vérité, afin qu’elle soit regardée.

Ayez un esprit où la vérité puisse entrer nue, pour en sortir parée.

La vérité prend le caractère des âmes où elle entre. Rigoureuse et rude dans les âmes arides, elle se tempère et s’adoucit dans les âmes aimantes.

La grâce de la vérité est d’être voilée. Les sages ont toujours parlé en énigmes, et les énigmes d’un moment sont un grand moyen d’instruction ; nous aimons celle qui en résulte, parce que nous l’avons produite ; le mot appartient au lecteur qui l’a cherché, comme à l’auteur qui l’a placé. Toute vérité nue et crue n’a pas assez passé par l’âme, pas assez roulé dans notre tête ; l’intelligence ne l’a pas assez épurée, le cœur assez imbibée de ses sucs, l’imagination assez parée de ses livrées. L’esprit n’a fait que l’écarrir, comme une pièce de bois que la première main a dégrossie. La vérité, ou plutot la matière où elle se trouve, doit être maniée et remaniée, jusqu’à ce qu’elle devienne clarté, air, lumière, forme, couleur.

Gardez-vous de traiter comme contesté, ce qui doit être regardé comme incontestable. Ne rendez pas justiciable du raisonnement ce qui est du ressort du sens intime. Exposez et ne prouvez pas les vérités de sentiment. Il y a du danger dans les preuves ; car, en argumentant, il est nécessaire de supposer problématique ce qui est en question ; or, ce qu’on s’accoutume à supposer problématique, finit par paraître douteux. Dans ce qui est visible et palpable, ne prouvez jamais ce qui est cru ; dans ce qui est certain et caché, par sa grandeur et sa nature, faites croire et ne prouvez pas ; dans ce qui est de pratique et de devoir, ordonnez et n’expliquez pas. » crains Dieu " a rendu des hommes pieux ; les preuves de l’existence de Dieu ont fait beaucoup d’athées. Les défis font naître l’attaque ; tout plaidailleur rend chicaneur, et l’on passe presque toujours, du désir de contredire le docteur, au désir de contredire la doctrine. L’audace avec laquelle on défend la vérité, excite une audace contraire ; les bravades de ses champions lui ont fait beaucoup d’ennemis. Parez-la et ne l’armez pas : on lui fera bien moins la guerre.

Il est d’imposantes maximes qui portent, dans leur propre sens, la raison de leur certitude, ce qui fait leur autorité. Or, cette raison très-puissante, qui fait la force du précepte, n’en peut pas être séparée. Elle tourne, en quelque manière, dans ce cercle qu’elle remplit, sans en excéder les limites, s’y concentre et n’en sort jamais. On sent qu’elle y est répandue, mais on n’oserait l’en abstraire, ni la dégager de la place qu’elle occupe dans notre esprit, et de la vague profondeur qui semble être sa sûreté. Elle s’y maintient hors d’atteinte, et pour ainsi dire, hors de prise, élevée au-dessus du doute, et à la fois inaccessible aux objections et à la preuve : signes complets de transcendance qu’on n’a pas encore observés ou clairement déterminés. Ainsi la terre et tous ces globes qui se balancent dans le vide, et roulent en nous éclairant, tiennent renfermés dans leur sphère leur gravitation toute entière et le principe qui la cause, sans en laisser rien déborder ; c’est là ce qui fait leur indépendance, et sert à leur onversation.

On trouve aisément des exemples de ces vérités suprêmes qui se soutiennent sans appui, de ces vérités nécessaires qui se font croire de plein droit, de ces vérités éternelles qui ne peuvent pas être neuves, mais qui, pour paraître nouvelles, n’ont pas besoin d’être ignorées.

L’illusion est une partie intégrante de la réalité ; elle y tient essentiellement, comme l’effet tient à la cause.

L’illusion étant le seul point de contact par lequel la matière pût toucher l’âme, Dieu la créa. Il fit d’abord, pour l’opérer, une matière subtile, insaisissable à tous les sens, et qui cependant pût les pénétrer. Il la plaça entre les aliments et le palais, et il en naquit les saveurs ; entre les fleurs et l’odorat, et il en naquit le parfum ; entre l’ouïe et les sons, et il en naquit l’harmonie, la mélodie ; entre les yeux et les objets, et il en naquit les couleurs, la perspective et la beauté. Si l’organe est vicié, ou l’objet altéré dans ses parties constitutives, l’illusion ne peut plus s’opérer, parce qu’une des deux parties manque de fournir son enjeu.

L’illusion, en effet, est un jeu de la nature qui s’amuse à nous donner quelques plaisirs par quelque évaporation. Elle ne peut être produite que par ces subtiles émanations, ces effluvions invisibles, qui entretiennent des courants perpétuels entre les différents êtres.

Dieu se sert de tout, même de nos illusions.

On peut donner aux hommes des idées justes, en employant des procédés trompeurs, et produire la vérité par l’erreur et l’illusion.

Les illusions viennent du ciel, et les erreurs viennent de nous.

L’illusion est dans les sensations et l’erreur dans les jugements. On peut à la fois jouir de l’illusion et connaître la vérité. Ce qu’il faut appeler erreur n’est pas une simple déception, mais un dogme, une doctrine qui nous trompent sur l’existence ou la nature de quelque essence principale.

La présomption apporte autant d’erreurs que la crédulité ; or, il vaut mieux se tromper de l’erreur d’autrui que de la sienne propre ; d’où je conclus que la crédulité est encore préférable à la présomption.

On se trompe par supériorité et par médiocrité.

La crédulité qui vient du cœur ne fait aucun mal à l’esprit.

L’erreur qui parle par sentences émet des oracles trompeurs. Une assertion hardie nous trompe avec autorité. Il y a des erreurs invincibles qu’il ne faut jamais attaquer.

Ce qu’il y a de pire dans l’erreur, ce n’est pas ce qu’elle a de faux, mais ce qu’elle a de volontaire, d’aveugle et de passionné.

Quelque erreur s’attache toujours aux grandes vérités qui courent le monde, et quelque fable aux grands événements qui ont fortement occupé l’attention de la multitude. Comme il y a toujours quelque chimère dans quelque esprit, il se rencontre toujours quelque esprit qui attache sa chimère à ce qui passe par lui. Ainsi point de réalité qui n’ait son merveilleux, si elle a circulé en tous lieux et passé de bouche en bouche.

On répète encore longtemps, par habitude, ce que l’on ne croit plus ; car les mauvais bruits survivent aux opinions, et le mensonge, plus vivace que l’erreur, la sème, même après l’avoir perdue.

Une des plus utiles sciences est de savoir qu’on s’est trompé, et une des plus délicieuses découvertes, de découvrir son erreur. » capable de se détromper " : belle louange et belle qualité ! On peut tomber dans la contradiction par l’erreur. Il est beau d’y tomber par la vérité, et alors il faut s’y jeter à corps perdu.

Dieu fit du repentir la sagesse autant que la vertu des mortels. La rétractation est à nos erreurs ce que la confession est à nos fautes, un devoir, un remède, une expiation. L’esprit du sage a, comme sa conscience, ses examens, ses afflictions, sa honte et ses fermes propos.

Ceux qui ne se rétractent jamais s’aiment plus que la vérité. Malheur à qui se trompe tard ! Il ne se détrompera pas.

« douter », dit M De Servan, " c’est sortir « d’une erreur. » il aurait dû ajouter que c’était aussi souvent sortir d’une vérité.

Quand l’esprit est rentré dans une vérité dont il était sorti, il ne la quitte plus.

Il y a des choses que l’homme ne peut connaître que vaguement : les grands esprits se contentent d’en avoir des notions vagues ; mais cela ne suffit point aux esprits vulgaires. Accablés d’ignorances par la nature et la nécessité, ils ne veulent, dans leur dépit puéril, en supporter aucune. Il faut, pour leur repos, qu’ils se forgent ou qu’on leur offre des idées fixes et déterminées sur les objets même où toute précision est erreur. Ces esprits communs n’ont point d’ailes ; ils ne peuvent se soutenir dans rien de ce qui n’est que de l’espace ; il leur faut des points d’appui, des fables, des mensonges, des idoles. Mentez-leur donc, et ne les trompez pas.

On ne peut sortir de certaines erreurs que par le haut, c’est-à-dire en élevant son esprit au-dessus des choses humaines.

Expliquer toujours le monde moral par le monde physique n’est pas sûr, car nous prenons souvent, dans celui-ci, les apparences pour des réalités, et nos conjectures pour des faits. Nous risquons ainsi d’avoir deux erreurs au lieu d’une, en appliquant à un monde les fausses dimensions que nous donnons à l’autre.

L’abus de l’expérience est de conclure de quelques unités à la multitude, ou de la multitude à l’universalité.

Il ne faut pas chercher aux événements humains des causes invisibles, quand il y en a de palpables, ni des causes douteuses, quand il y en a de certaines, à moins de recourir aux causes supérieures, par un de ces élans de notre esprit qui va se reposer dans le ciel, quand il s’est fatigué sur la terre.

Ce n’est pas du vrai et du faux qu’il faut s’occuper avant toutes choses, mais du mal et du bien ; car c’est moins l’erreur qu’il faut craindre que le mal.

Il est encore plus facile de se tromper sur le vrai que sur le beau.

Il y a des esprits qui vont à l’erreur par toutes les vérités ; il en est de plus heureux qui vont aux grandes vérités par toutes les erreurs.

Les esprits simples et sincères ne se trompent jamais qu’à demi.

Presque toutes les erreurs des bons esprits ne sont qu’un déplacement, une mauvaise application de quelque vérité. C’est par méprise qu’ils se trompent.

En se bandant l’esprit trop fortement, il n’est guère d’erreurs que l’homme ne puisse se donner de bonne foi ; mais, dans ces cas même, on peut souvent admirer l’arc et sa force, tout en méprisant le trait.

Il y a souvent plus d’esprit et de perspicacité dans une erreur que dans une découverte.

L’erreur agite ; la vérité repose.

TITRE XII