Poèmes et Sylves/Énone au clair visage et Sylves/Énone au clair visage/Sœur de Phébus charmante
Apparence
Énone au clair visage et Sylves, Société du Mercure de France, , Poèmes et Sylves : 1886-1896 (p. 149-150).
VII
Sœur de Phébus charmante,
Qui veilles sur les flots, je pleure et je lamente,
Et je me suis meurtri avec mes propres traits.
Qu’avais-je à m’enquérir d’Éros, fils de la terre !
Éros, fils de Vénus, me possède à jamais.
Guidant ta course solitaire,
Lune, tu compatis à mon triste souci.
Ô Lune, je le sais, non, tu n’as pas, vénale,
À Pan barbu livré ta couche virginale,
Mais les feux doux-amers te renflammant aussi
Par les yeux d’un berger dans sa jeunesse tendre,
Sur le mont carien tu as voulu descendre.
De ta douce lueur, ô Phébé, favorise
Ma plaintive chanson qu’emporte au loin la brise,
Et fais que mes soupirs, de l’écho répétés,
Étonnent la frayeur des antres redoutés.