Poèmes et Sylves/Énone au clair visage et Sylves/Sylves/Æmilius, l’arbre laisse
Apparence
Énone au clair visage et Sylves, Société du Mercure de France, , Poèmes et Sylves : 1886-1896 (p. 171-172).
ÆMILIUS, L’ARBRE LAISSE
Æmilius, l’arbre laisse la verte
Couleur, et le lustre s’efface
Des roses, dessus leurs faces ;
Et pour les rossignols, dans leurs hautes demeures,
Amour ne file plus les heures ;
Et de son vol, pour rien, bat le gel des fontaines
L’oiseau, qui Jupiter muant en forme vaine,
D’Ilion douloureuse engendra le brandon —
Quand vient sur la forêt l’extrême Automne.
Hélas ! Déjà l’Été décline sur ma tête,
Et cette Automne qui s’apprête
Viendra bientôt sur moi, comme sur la forêt.
Ains, de mes jeunes ans, ami, je n’ai regret ;
L’étoile de Cypris dans mon cœur ne se couche,
Et d’un doux regarder si je dis les réseaux,
C’est un Zéphire enfant qui toujours par ma bouche
Fait chanter mes roseaux.