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Poèmes et Sylves/Énone au clair visage et Sylves/Sylves/Contre quelques-uns

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CONTRE QUELQUES-UNS

Il est qui se pensent savants
Et de miel arrosés, parmi nos écrivants,
Lorsque d’un vain propos leur subtilité farde
Le véridique teint de leur humeur couarde.
Ceux-là les peut-on voir
D’un froncé sourcil pédantesque
Vanter la Minerve tudesque
Ou l’Anglais, de gravité l’hoir.

Toi qui mènes les Muses grecques,
Aux rivages de la Seine et du Loir,
Afin qu’elles dansent avecques
Les Sylphes et les Fées, aux sons
De tes romanes chansons ;
Si tu bois le vin doux des cornes libérales
Et mêles tes cheveux de rains et de pétales,
Tout docte au lyrique fredon,
De ton esprit t’en fasses-tu délivre !
Du Plessys, tu ne vas maudissant le brandon
Guerrier par qui Jupin donne honte et guerdon,
Et tu sauras mourir ainsi que tu sais vivre !